Alonso sort la tête de l’eau – Course – Grand Prix de Malaisie

27 03 2012

Les conditions météorologiques dantesques ont eu raison des prévisions de Radio Paddock dimanche dernier, pour la deuxième manche de la saison. Le duel pour la victoire ne s’est en effet pas circonscrit à un mano a mano entre Jenson Button et Sebastian Vettel, mais a viré en une improbable bataille entre Fernando Alonso le revenant, et Sergio Perez la jeune tête brulée !

Faux départ

Il s’en est fallu de peu que ce GP de Malaisie connaisse la même issue funeste qu’en 2009, lorsque la direction de course avait pris la décision de mettre fin à l’épreuve en raison de pluies torrentielles et de la tombée de la nuit. En effet, les 24 acteurs de ce 63e championnat du monde de F1 prenaient un premier départ sous un ciel plus que menaçant et optaient tous pour les pneus intermédiaires, au vue de certaines portions de la piste qui étaient détrempées. Une fois les feux éteints, la grille s’ébroua sans trop d’encombres ni de modifications dans la hiérarchie, hormis un aquaplaning de Romain Grosjean qui ne pouvait éviter Michael Schumacher. Course terminée pour le Français, et course lapidaire, comme la semaine dernière.

Pressentant à juste titre une dégradation rapide des conditions météos, Perez était alors le premier à rejoindre les pits pour chausser des pneus pluies et ce, dès le premier tour. Les plus entêtés restaient en piste jusqu’au 5e tour, perdant un temps considérable avant de se résigner à monter des pneus pluies alors que les trombes d’eau qui s’abattaient sur le circuit se faisaient de plus en plus fortes. Le mal était fait, cette mousson qui dura quelques dizaines de minutes provoquant la sortie du safety car, puis le déploiement du drapeau rouge, qui gelèrent subitement la hiérarchie. Il en résulta un classement provisoire assez baroque. Perez tirait en effet profit de son ravitaillement visionnaire pour se hisser en 3e position, juste derrière les deux McLaren qui avaient réussi à conserver in extremis leur suprématie.

A l’inverse du pilote mexicain, le Français Jean-Éric Vergne, en s’obstinant à ne pas changer de gommes, grappillait de nombreuses positions pour rattraper son retard des qualifications. Parti 18e, le natif de Pontoise se retrouvait ainsi en 7e position lors de la suspension de la course au 9e tour. Les stratégies du Français et du Mexicain, diamétralement opposées, avaient comme dénominateur commun leur bonne réussite respective. La plus grosse surprise venait quant à elle du pilote HRT Narain Karthikeyan qui, au gré des diverses tactiques employées par les équipes, se retrouvait à une surprenante 10e place.

Un air de déjà vu. Le GP de Malaisie avait déjà connu une mésaventure similaire en 2009.

La direction de course voit rouge

La grille se voyait donc plonger dans une longue torpeur qui dura pas moins de cinquante minutes. Le départ du GP de Malaisie étant depuis quelques années retardé afin de satisfaire les téléspectateurs européens, des doutes commencèrent à apparaitre au fil des minutes concernant la possibilité d’un nouveau départ, le ciel malaisien s’assombrissant et le crépuscule approchant.

Finalement, les conditions s’améliorèrent, et un nouveau départ fut donné sous le régime de la voiture de sécurité, afin que les pilotes puissent se faire une idée concrète des conditions de course. Au 14e tour, l’état de la piste étant jugé satisfaisant et continuant de s’assécher, la voiture de sécurité regagna les stands pour laisser les 23 pilotes rescapés s’expliquer.

Très vite, la majorité du plateau rentra aux stands afin de monter des jeux d’intermédiaires, plus adaptés à la surface de la piste. Button fut le plus prompt dans cet exercice, mais ressortit en plein trafic et percuta l’arrière de la HRT de Karthikeyan. Après course, l’Anglais faisait son mea culpa : ‘J’avais des difficultés à faire monter mes intermédiaires en température. A l’approche d’un virage, j’ai bloqué les freins, l’arrière de la mono s’est dérobé et j’ai finalement tiré tout droit et percuté Narain. Cet accrochage est de ma faute’. Reste que le pensionnaire de McLaren se voyait contraint d’opérer un nouveau ravitaillement afin de remédier aux dommages qu’avait subis la MP4-27.

Alonso et Perez faisaient eux aussi partie des premiers pilotes à stopper pour chausser des intermédiaires et bénéficiaient de cette incartade entre Button et Karthikeyan, ainsi que du long arrêt de Lewis Hamilton pour se retrouver respectivement 1er et 2e de la course. Dès lors le décorum de cette fin de course était dressé : le pilote Ferrari et le pilote Sauber allaient se livrer à une impitoyable lutte pour la victoire.

Sale temps pour les favoris

De 7.7 secondes au 30e tour, l’écart entre l’Espagnol et le Mexicain chuta à 3 secondes au 41e passage devant les stands. L’empoignade se poursuivi jusqu’à ce qu’Alonso se décide à effectuer son dernier pit-stop pour chausser des pneus slicks. Perez lui emboitait le pas le tour suivant, mais manquait de caler en repartant de son emplacement. De plus, le Mexicain, ayant mal appréhendé la localisation de la bonne trajectoire dans le premier virage, souffrit d’un gros sous-virage qui le metta d’emblée en difficulté. L’écart venait de repasser à 4 secondes.

Rattrapes moi si tu peux. Alonso a fait jouer son expérience pour remporter son duel face à Perez.

En réalité, le pilote Sauber aurait du patienter une boucle supplémentaire pour entreprendre son dernier arrêt, et claquer des tours ultrarapides alors qu’Alonso piétinait dans ce court laps de temps avec des slicks alors à basse température. Cela lui aurait permis de passer le pilote Ferrari « dans les stands » lors de son ultime arrêt. Peu importe : Perez repartait le couteau entre les dents afin de refaire une fois de plus son retard sur la Ferrari. Revenu à 1 seconde au 49e tour, le pilote Sauber, en délicatesse avec ses pneus avant, fut victime d’une erreur de jeunesse, voyant sa monture se rebeller au passage d’un vibreur, et se retrouva de fait à la dérive sur la partie sale du tracé pour finir complétement hors trajectoire.

Beau geste. Perez pourrait-il briguer le baquet de Massa plus tôt que prévu ?

Le Mexicain venait de perdre toute chance de victoire ce dimanche mais procurait à Sauber son meilleur résultat en 20 ans d’existence.
Derrière les deux belligérants, Hamilton voyait le scenario australien se répéter. Le Britannique, parti comme la semaine dernière en pole, terminait sa course une nouvelle fois sur la plus petite marche du podium. Mark Webber héritait quant à lui de la 4e place, après que son coéquipier Sebastian Vettel ai subi une crevaison faisant suite à une touchette avec la HRT de Karthikeyan (cette fois-ci, la faute incombait bien au pilote indien). Kimi Raïkkonën arrachait lui la 5e place, et aurait même pu viser plus haut s’il n’avait pas fait l’objet d’une sanction de 5 places de pénalité sur la grille. Sa performance est d’autant plus impressionnante que le KERS « d’Iceman » ne fonctionnait plus du fait des intempéries.

Ce n'est pas Donington, mais ça y ressemble. Bruno Senna a réalisé une très belle remontée sous la pluie.

En 6e place, Bruno Senna marque quant à lui les premiers points de Williams-Renault cette saison et, un accrochage en début de course avec son équipier Pastor Maldonado mis à part, le neveu d’Ayrton a réalisé une course de premier ordre en Malaisie, opérant de nombreux dépassements, notamment sur les pilotes Force India et Mercedes, pour obtenir le meilleur résultat de toute sa carrière. Les Force India parvenaient quant à elles à finir toutes deux dans les points (Paul di Resta 7e, Nico Hülkenberg 9e), Vergne venant jouer les troubles fêtes en 8e position pour marquer ses premiers points dans la discipline.

Chez Mercedes, les flèches d’argent ne pouvaient que constater les dégâts dus à une usure une nouvelle fois prématurée des pneumatiques, Rosberg terminant à une anonyme 13e place, et Schumacher parvenant à ramener tant bien que mal un minuscule point. Vettel pour sa part finissait sa course hors des points en raison de sa crevaison, ainsi que Button qui ne sera jamais parvenu à refaire son retard concédé lors de son changement d’aileron avant. Felipe Massa quant à lui n’était que l’ombre de lui-même, ramenant la seconde Ferrari à une 15e place incompréhensible après avoir bataillé avec les Caterham. Maldonado de son côté ne pouvait que se mordre les doigts après un second abandon consécutif dans le dernier tour de course, cette fois-ci du à une casse moteur. Enfin, le Français Charles Pic prenait la 20e place sur une Marussia qui ne pouvait de toute façon lui permettre de prétendre à un meilleur classement.

Meilleur tour : Kimi Raïkkönen, Lotus, 1:40.722


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