Interview Sam Michael

23 02 2013

Sam Michael a tout connu en F1, de ses débuts prometteurs avec Jordan jusqu’à ses déboires avec Williams. Passé directeur sportif de McLaren, il renoue avec le succès

Sam Michael McLaren Martin Whitmarsh

Sam Michael auprès de Martin Whitmarsh et de ses nouveaux collègues de chez McLaren.

Vraiment bien. J’apprécie d’œuvrer pour McLaren et c’est un vrai plaisir que de travailler avec Martin, Ron, Jonathan et tous les ingé. Il y a des gens très compétents parmi les décideurs, des personnes qui peuvent appréhender un large éventail de problèmes et trouver des solutions et des améliorations.
Ces problèmes peuvent être de tout type : sportif, technique, stratégique… Ce n’est pas une sinécure et pour arriver à nos fins, il nous faut une entité compétente. McLaren en est dotée, et j’apprécie d’en faire partie, d’apporter ma pierre à l’édifice.
Il existe aussi un fort sens de l’humour : jamais je n’aurais pensé qu’il y ait une telle ambiance ici. On dit souvent de McLaren que c’est une équipe terne et corporate – en raison de son sérieux et de son identité visuelle liée aux sponsors. Mais nous restons des Hommes avant tout, dotés de sentiments et d’une bonne dose d’autodérision !

Il y a pas mal de gens importants ici, votre rôle dans tout ça ?

Je m’occupe de tester et faire rouler nos voitures partout où nous sommes. Je fais aussi partie de la direction technique supérieure du groupe, où mes prérogatives ont trait à des sujets internes. Pour faire simple, mon but principal est de faire en sorte que nous soyons le meilleur team. C’est l’essence même de mon boulot.

Vous êtes bien établi à présent…

Je ne dirais pas exactement ça, mais avec les gens qui m’entourent je suis vraiment dans le coup. Ça me simplifie la vie et me donne plus de temps pour réfléchir et prendre les décisions appropriées, qu’il s’agisse de marche courante ou de décisions plus stratégiques. Je me sens plus libéré et c’est plus appréciable comme cela.

C’est étrange de vous voir aux couleurs McLaren. Votre période d’adaptation a-t-elle été longue ?

On piétine forcément un peu lors des premières courses, mais on prend le pli très rapidement. C’est plutôt les autres personnes qui doivent se faire à cette idée.

Ça fait quoi de revenir dans un team avec des prétentions avouées de titres ?

Le fait de dire ‘on veut gagner des courses’ ne va pas nous aider. L’important c’est d’avoir les bonnes personnes ainsi que des process techniques parfaitement rôdés – les structures opérationnelles, la fiabilité et les pilotes adéquates. C’est ce qui vous fait gagner des courses et des titres. Ce n’est qu’une fois tous ces éléments en place que vous pouvez prétendre gagner des courses.
Nous ne sommes pas parfaits non plus chez McLaren. On a eu des hauts et des bas cette saison, mais tout est dans la capacité à se relever. Avant d’arriver ici, j’avais déjà été impressionné plusieurs fois par la capacité de McLaren à remonter la pente.
Il leur est arrivé par exemple de faire des erreurs de conception sur leurs voitures. Une équipe lambda se retrouverait hors course pour toute la saison, mais McLaren a cette capacité à se rétablir. Maintenant que j’y travaille, je sais comment ils font. C’est très simple en fait : ils ont la structure et le personnel adaptés, et détiennent une bonne vue d’ensemble.

Vos résultats 2012, en dents de scie, sont-ils seulement imputables aux pneus, où d’autres facteurs rentrent-ils en compte ?

Beaucoup de facteurs rentrent en jeu, comme le resserrement des performances : les qualif’ n’ont ainsi jamais été aussi serrées, la moindre erreur se paye donc cash. Les pneus ont aussi une influence, mais celle-ci est bien maitrisée à présent.

Qu’appréciez-vous dans votre job et qu’est-ce qui vous motive ?

J’aime être force de proposition et trouver des solutions à nos problèmes. Décoincer une situation nous rend plus compétitif et c’est ce pourquoi nous sommes là. J’ai été impliqué dans le sport auto toute ma vie et j’adore la compétition, où vous apprenez autant par la victoire que par la défaite. La pression me stimule aussi : quand il y a des enjeux c’est d’autant plus jouissif de tirer son épingle du jeu.

Rien à voir : pouvez-vous nous en dire plus sur votre Mustang ?

Il s’agit d’une Ford Mustang Fastback GT rouge de 1965, avec boite manuelle quatre rapports. Je l’ai achetée il y a trois ou quatre ans, puis restaurée, surtout les suspensions et le moteur durant mon peu de temps libre. C’est une véritable muscle car : bruyante en ligne droite mais peu à l’aise en virage en raison d’un essieu arrière rigide et de ressorts à lames.
Je l’ai achetée principalement pour dispenser quelques notions moteur à ma fille Toni et mon fils Jacques – si vous ouvrez le capot d’une voiture moderne, c’est malheureusement rempli d’électroniques.  Ma fille était fière quand elle a su m’expliquer ce qu’était un carburateur !

F1 Racing n°166, Décembre 2012

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