Chronique Bruno Senna

21 10 2012

Dans cette nouvelle chronique, Bruno Senna évoque le véritable train de vie de ministre auquel les pilotes de F1 sont confrontés en cette période de l’année, et sur la façon la plus adaptée pour gérer la fatigue qui en résulte. Bruno nous dresse aussi un portrait des pérégrinations et des péripéties qu’il s’attend à vivre lors de ces GP lointains, notamment avec Karun Chandhok à l’occasion de la seconde édition du GP d’Inde. Pour finir, le pilote Williams rend un hommage émouvant au Professeur Sid Watkins, décédé mi-Septembre.

Bruno Senna sur…son agenda très chargé

A l’heure où ces lignes sont écrites, je suis en train de rejoindre Monaco, à quelques 10 000m d’altitude, et à une vitesse de 850km/h, après avoir réalisé quelques sessions de simulateurs au QG Williams à Grove. Nous sommes à présent à mi-saison, période où le Formula One Circus passe le plus clair de son temps dans un avion. Avec 3 courses d’affilées en Asie, une au Moyen-Orient, et une en Amérique, j’ai calculé que je vais devoir passer 80 heures les fesses dans un avion et parcourir environ 67 000km lors des huit prochaines semaines !
C’est une période d’effervescence pour tout le monde en F1, et j’utilise de petites astuces pour pallier à ce train de vie démentiel – sans compter les périodes d’adaptation aux différents décalages horaires. Tout d’abord, c’est important de ne pas être stressé. On est constamment sous pression dans le boulot, pas la peine donc d’en rajouter quand on voyage : je fais donc toujours en sorte d’arriver à l’aéroport en avance afin de souffler un peu. Généralement, on se déplace la nuit, on peut donc se reposer à souhait durant le vol. Mais en même temps, on devrait bouger davantage car les muscles ont tendance à se ramollir si on reste trop longtemps immobile.

Les personnels F1 passent la plupart de leur temps dans un avion en cette fin de saison.

J’ai aussi ma propre collection de films que j’emporte avec moi. Je les copie du Blu-Ray de mon ordi pour les regarder ensuite sur mon téléphone. Lors de mes derniers vols j’ai regardé Hancock, Iron Man et American Pie : Reunion. C’est toujours mieux d’avoir ses films à soi pour ne pas s’envoyer les films de l’avion.
A l’atterrissage, je ne suis jamais totalement reposé, mais j’essaie de rester éveillé le jour, et je fais en sorte d’aller faire de la gym et un peu d’entrainement pour avoir un bon sommeil la première nuit. C’est vraiment important de s’adapter au décalage horaire le plus vite possible, et pour ne pas trop en souffrir, je mange à l’horaire local, mais peu, afin de faciliter la digestion.

Sur…ses tribulations lors des derniers GP

Je suis très curieux dès lors qu’il s’agit de gouter aux spécialités locales. Une fois sur le circuit, je ne mange que du poisson, des légumes et des pommes de terre – des choses faciles à digérer – avant de grimper dans la voiture. Mais quand je serai en Inde, je prendrai certainement un plat typique avec mon ex-coéquipier Karun Chandhok à New Delhi – on fera ça après la course histoire de ne pas se retrouver avec un mal de ventre juste avant le GP !

On espère que Bruno et Karun ne vivront pas d’embardées similaires lors des prochains GP.

Cette partie de l’année est un réel test d’endurance, mais nous visitons de beaux circuits et, en fonction de l’équilibre et de la performance de la voiture, je suis persuadé qu’on engrangera une bonne poignée de points. J’espère aussi ne pas me retrouver dans la même situation que l’année dernière à Singapour. Après seulement 15 tours, un joint céda et coupa des fils électriques à l’arrière de la monocoque. Par conséquent, mes reins étaient exposés  à l’air qui sortait des radiateurs, à environ 130°C. Ce flux d’air chaud ne faisait que rajouter à la fournaise de Singapour, et affecta mon tube d’alimentation, envoyant de l’eau bouillante dans ma bouche ! Une expérience pas très agréable – et en plus de ça on était dans les points lorsque la voiture cassa.
C’est une année jusqu’ici difficile, où des petites causes peuvent produire de grands effets, mais l’équipe a été d’un excellent soutien. C’est la première fois de ma carrière que je reçois un tel appui et c’est très important à mes yeux.

Sur…Sid Watkins

Le Professeur Sid Watkins.

Avant de terminer, je souhaite rendre hommage au grand Professeur Sid Watkins, décédé en Septembre. Je n’avais croisé celui-ci qu’à de rares occasions, mais bien sûr ma famille l’adorait et Ayrton entretenait une excellente relation avec lui. Il laisse derrière lui un formidable héritage dans l’amélioration de la sécurité – et il était aussi un gars apprécié par tous dans le paddock. C’est bien qu’Ayrton et lui aient été si proche ; c’est vraiment difficile de tisser des liens solides en F1, mais leur amitié était sincère, pas juste en raison du sport, mais aussi parce qu’ils se retrouvaient dans le caractère l’un de l’autre. C’est triste de le voir partir, mais il a eu une longue et belle vie, et c’est ce dont on se souviendra de lui.

F1 Racing n° 165, Novembre 2012





Briefing – GP de Corée, Yeongam

11 10 2012

Le DRS est roi sur un circuit avec tant de lignes droites et qui fait la part belle à l’efficacité aérodynamique. Deux ingénieurs de chez Williams évoquent ici les particularités du circuit de Yeongam.

Réglages

  • D’une certain façon, la Corée ressemble au Brésil, on a deux circuits en un : une première section rapide suivie d’une seconde plus tortueuse. Il faut donc  trouver le bon compromis niveaux réglages : ne pas être trop radical dans une zone pour ne pas en compromettre une autre et être en difficulté en course,
  • Pour les réglages mécaniques, il faut prendre une décision : favoriser les courbes rapides ou les virages serrés. Même problème avec l’aéro : jusqu’où faut-il braquer les ailerons ? Une partie du tracé requiert moins d’appuis et une autre, plus sinueuse, en demande plus. Il y a bien une solution de facilité en qualif’, lorsqu’on utilise le DRS à loisir, mais pas en course. Les compromis sont un mal nécessaire, et c’est d’autant plus vrai ici,
  • La température de la piste est traditionnellement basse, mais la température ambiante plus élevée peut affecter le moteur et l’aéro. Mais en termes de setup général, il n’y a rien de réellement insurmontable, comme ce peut être le cas sur des circuits comme Singapour.

Stratégie de course

  • Ce circuit est un vrai défi. Certaines équipes s’acharnent à réduire la trainée, avec comme mot d’ordre la vitesse de pointe, alors que d’autres optent pour plus d’appuis. Pour planifier votre stratégie, il faut prendre en compte votre position sur la grille. La vitesse de pointe devient importante si vous envisagez d’opérer pas mal de dépassements, donc si vous êtes bloqué dans le peloton et que vous avez une auto véloce, ça vous aidera à tailler la route dans le trafic. De même, le DRS est un gros avantage en Corée, tout comme à Shanghai, particulièrement en qualifications et dans les zones de DRS. Si vous êtes mieux qualifié et que vous roulez à votre allure, vous avez alors besoin d’un setup qui vous permettra de réaliser le meilleur temps au tour,
  • La Corée est l’une des pistes où il est le plus facile de dépasser. Vous avez des virages lents, entrecoupés de deux longues lignes droites qui aboutissent à de gros freinages,

    Les essais du vendredi et du samedi s’étaient déroulés sous une pluie battante l’année dernière.

  • Vous faites fonctionner vos pneus de multiples façons à Yeongam. L’an passé nous avons utilisé les soft et supersoft, ce qui fut une source d’inquiétude à l’époque, bien qu’en réalité ceux-ci ont vraiment bien marché sur la fin. Nous avions peur que les virages rapides du secteur 2 mettent à mal les pneus, mais ils s’en sont tirés brillamment. A cause de cela, même si vous loupez vos qualif’, le fait d’avoir une voiture rapide et de disposer d’opportunités de dépassement vous permet de refaire votre retard. Le rythme en course est bien plus important que les qualif’. Tout le monde avait adopté une stratégie à deux arrêts l’an passé,
  • Les deux premières éditions se sont déroulées dans des conditions vraiment fraiches, ce qui fut salutaire pour les pneus. Mais étant sur la même latitude que le Japon, nous devons nous préparer à affronter des températures plus élevées.

Yeongam : ce qu’il faut savoir

  • Le circuit alterne lignes droites rapides dans le secteur 1 et virages dans les secteurs 2 et 3,
  • Le secteur 1 contient trois lignes droites et trois zones de freinages : autant de lieux pour dépasser,
  • L’étalonnage du 7e rapport résulte d’un compromis entre qualifications (où le DRS est utilisé à volonté), et course, où le pilote a besoin d’une bonne vitesse de pointe pour dépasser,
  • La ligne droite entre les virages  2 et 3 est une bonne zone de DRS ; elle profitera aux équipes détenant un bon profil aéro,
  • Les virages 11 à 18 s’enchainent sans interruption, ce qui est très éprouvant pour les pilotes,
  • L’entrée des stands et le T18 peuvent être piégeux en cas de pluie,
  • La charge de carburant en course et les pneus usés rallongent le freinage et la pression des pneus est affectée par la perte d’adhérence. La vitesse de passage dans les virages lents n’est pas trop modifiée, à l’inverse des virages rapides et semi-rapides.

F1 Racing n°164, Octobre 2012





Voiture d’exception : Williams FW18

9 10 2012

Depuis la seconde partie des années 90, seules quelques F1 ont pu prétendre au titre de ‘meilleur bolide de tous les temps’. La Ferrari F2002, voiture de tous les records en 2002-03, ainsi que la radicale Red Bull RB7 de 2011 font partie de cette élite. Mais la meilleure, d’un point de vue statistique et esthétique, est sans conteste la superbe Williams de 1996, la FW18.


Le futur champion du monde Damon Hill et son fougueux successeur d’équipier Jacques Villeneuve l’ont ainsi conduite à 12 victoires, 12 poles, 11 meilleurs tours, 21 podiums ainsi que 25 premières lignes, sur un total de 16 courses. Ceci équivaut à 72,5% de réussite, légèrement au-dessus de la Red Bull RB7 (70%) et de la Ferrari F2002 (69,5%).

Cette domination fut bâtie sur de solides fondations : mis à part le rehaussement des flancs des cockpits, la FIA avait décidé de ne pas changer outre mesure la réglementation technique pour 1996. De fait,  le duo de choc en charge du design chez Williams, composé d’Adrian Newey et de Patrick Head, avait opté pour une simple évolution plutôt que pour une rupture complète.

Bien avant Red Bull, Newey avait déjà fait des merveilles chez Williams, mais aussi Leyton House, McLaren… Ici avec Patrick Head.

A l’époque, il leur avait été reproché d’avoir été trop conservateurs mais, étant donné que la FW17 (version B), avait terminé l’année en trombe, leur philosophie fut guidée autant par la recherche de la performance que par le pragmatisme.
La boite de vitesses transversale de la FW17B fut conservée et améliorée sur la 18, à contre-courant des boites longitudinales de Benetton et McLaren. Cette option procura à Newey davantage de marge de manœuvre pour entreprendre des changements drastiques sur le diffuseur. Newey dessina aussi un nez haut perché pour la FW18 – un design aéro plus efficace, devenu depuis l’une de ses marques de fabrique. Patrick Head, pendant ce temps, planchait sur la suspension. “L’aspect le plus crucial réside dans l’intégration du facteur aérodynamique et du système de suspension”, expliquait Newey à l’époque. “Inutile d’avoir des tonnes d’appuis si les suspensions ne sont pas capables de les supporter. De même, ce n’est pas bon d’avoir une super géométrie de suspensions si la voiture ne produit pas assez d’appuis”.
La combinaison de tous ces éléments produisit une voiture ultra-maniable générant bien plus d’appuis que l’ensemble des monoplaces conçues dans les autres usines. Ce fut flagrant lors de la deuxième manche de la saison, à Interlagos au Brésil, où Damon Hill se qualifia une seconde plus vite que son premier adversaire (hors Williams).
C’était appréciable de courir sur une si bonne auto”, se rappelle Hill. “L’équilibre est important car ça vous donne plus de libertés, mais si une voiture est nerveuse, il est difficile de se sentir en confiance. La FW18 était vraiment une voiture bien équilibrée et ce fut la seule auto dans toute ma carrière où je me suis vraiment senti à l’aise dedans. Adrian avait fait un effort spécial sur le confort, ce qui était très sympa de sa part ! J’aurais vraiment pu m’assoir dedans, dormir et m’y sentir plus détendu que dans mon propre lit”.

Le V10 Renault RS8 à 67° fut un atout indéniable pour Williams en 1996.

La cavalerie était délivrée par le V10 Renault à 67°, qui alliait puissance et fiabilité à une époque où les moteurs cassaient encore souvent. “Elle était maniable, véloce, et le package était bon”, se souvient Hill. “Renault avait beaucoup travaillé avec Williams sur la répartition des masses, ainsi que sur l’allégement du moteur”.
Le motoriste français prêta aussi main forte à l’équipe pour réviser l’installation hydraulique, dans une tentative d’éviter tous les problèmes techniques qui avaient compromis la saison de Hill en 1995. Mais la Williams n’excellait pas que sous la carrosserie. Le bon vieil adage de la F1 : ‘Belle donc rapide’ n’avait jamais été aussi vrai qu’avec la FW18.
Elle était magnifique car minimaliste”, déclare Hill avec un sourire. “Elle avait une boite semi-automatique mais n’était pas trop sophistiquée et ne causait pas de pépins. Elle était épurée et il est toujours agréable de la voir évoluer en piste. Pour moi, cette auto est une référence en F1”.
Sans surprise, la lutte pour le titre se résuma bien vite à un duel entre les deux coéquipiers Hill et Villeneuve : “C’était une période où il n’était pas rare qu’une équipe détienne un avantage technique et qu’elle ait quasiment course gagnée avant même le début des hostilités”, se remémore Hill. “Vous pourriez dire que c’était ennuyant, et vous auriez sans doute raison, mais du point de vue du pilote, c’était une véritable chance d’avoir une voiture compétitive et on voulait en tirer le maximum. C’est bien plus facile lorsque vous avez une voiture supérieure”.

Damon Hill éprouva des difficultés pour se défaire de son néophyte d’équipier Jacques Villeneuve et remporter le titre.

La FW18 était diablement rapide, sacrément belle, et possédait la fiabilité nécessaire pour remporter les deux titres haut la main. Que demander de plus ?

F1 Racing n°165, Octobre 2012





Briefing – GP du Japon, Suzuka

4 10 2012

Cet incontournable circuit en 8 est imprévisible tant au niveau du comportement des pneus que de la météo. Mais il offre aussi son lot d’opportunités de dépassement. Deux ingénieurs de chez Williams vous présentent ici les particularités du circuit de Suzuka.

Réglages

  • La pression exercée sur les frein à Suzuka n’a rien à voir avec celle de Singapour. On se situe clairement un cran au-dessus pour ce qui est des vitesses de passage et vitesses moyennes. C’est aussi un tout autre monde niveau efficacité aéro. Vous êtes à pleine charge la plupart du tour, le paramètre moteur est donc prépondérant ici. Les pneus connaissent un stress important, mais le nombre de virages rapides signifie que les freins ne souffrent pas trop,
  • Suzuka fait partie du calendrier depuis longtemps, les équipes en connaissent donc bien les écueils. Autrement dit on ne tente rien de transcendant niveau réglages ici. En raison du DRS, les teams roulent ici avec beaucoup d’aileron – tant que vos temps sont assez rapides, la vitesse en ligne droite est en quelque sorte moins importante. Il faut juste incorporer les facteurs KERS et DRS pour être sûr de ne pas être à la merci de quelqu’un ayant moins d’aéro,
  • Un autre élément à prendre en compte ici est une météo des plus versatiles – chaude et humide ou bien froide et pluvieuse. C’est une chose dont il faut constamment se soucier.

Stratégie de course

  • Suzuka est l’extrême opposé de Singapour – de tous les circuits, c’est le 2e en termes de vitesses moyennes de passage. Les virages sont délicats – vous avez besoin de beaucoup d’appuis et devez garder un œil sur vos pneus. Vu le degré d’usure, c’est compliqué de leur appliquer des charges latérales tout en accélérant. Le moindre déficit de performance se paye cash vu qu’il s’agit d’un vrai test pour le pilote et la voiture, qui doivent enchainer des virages à faible ou fort rayon de braquage, que ce soit à basse, moyenne ou haute vitesse,
  • C’est un tracé plus racé que celui de Singapour dans le sens où il y a plusieurs endroits pour dépasser, et que les pneus s’usent très vite à cause des longs virages et des forces latérales. La question en termes de stratégie est de savoir quelle est la durée de vie des pneus. Du fait qu’il y ait des endroits où dépasser et que c’est éprouvant pour la voiture et les pneus, vous ne pouvez défendre votre place comme à Singapour,

    En 2011, Jenson Button s’était imposé devant Sebastian Vettel, décrochant ainsi sa 3e victoire de la saison.

  • A Suzuka, le mot d’ordre est d’aller le plus vite possible. Ça signifie parfois rétrograder dans la hiérarchie. Mais c’est souvent reculer pour mieux sauter car vous pourrez repasser avec des gommes neuves, et un arrêt en plus n’est pas rédhibitoire car le temps passé aux stands n’est pas trop élevé : environ 17 secondes, soit un tiers de temps en moins qu’à Singapour,
  • Il devient primordial de travailler sur les longs relais lors des essais sur les circuits où il est facile de dépasser car le rythme de course prend plus d’importance. C’est crucial pour tous les aspects stratégiques, car il y a des opportunités de dépassement et il faut gérer les pneus. Le comportement des pneus influence nos choix ainsi que ceux de nos adversaires,
  • On a déjà eu de la pluie ici par le passé, mais on ne peut pas y faire grand-chose. De manière générale les prévisions au Japon sont plus fiables qu’à Singapour – car tout est visible sur le radar,
  • Sur une piste sèche il faut s’attendre à deux ou trois arrêts, mais la performance des enveloppes varie selon la température. Si vous disposez d’une piste sèche lors des essais, vous pouvez alors appréhender quelle est la fenêtre d’exploitation optimale des pneus, et donc en déduire leur durée de vie.

Suzuka : à savoir

  • Contrairement à Singapour, il n’y a que deux enchainements de virages lents,
  • Le tour débute par une succession d’esses très exigeants,
  • Le tour se termine par un virage ultra-rapide suivi d’une chicane lente représentant idéale pour dépasser, juste avant les stands,
  • Les virages 12 à 14 constituent une séquence de virages longs et éprouvants,
  • Le circuit est plus long que celui de Singapour, avec deux bonnes lignes droites permettant aux pneus et aux pilotes de souffler.

Avec le plein et les pneus usés 

  • Les points de freinage sont allongés,
  • L’angle de braquage est limité car le grip est plus faible,
  • On ne peut pas freiner autant au risque de bloquer les roues,
  • La cadence est réduite entre les virages 3 et 7,
  • Il faut freiner aux virages 6 et 15,
  • Une grande différence de vitesses est observable au virage 15,
  • Les vitesses plus faibles permettent de rétrograder davantage dans certaines portions.

F1 Racing n°164, Octobre 2012





Chronique Bruno Senna

30 09 2012

Dans cette chronique, Bruno Senna revient sur son début de saison avec Williams, sur ses relations et son futur avec l’équipe. Bruno évoque aussi ici les cours de conduite (!) qu’il suit avec assiduité, mais aussi le trophée Lorenzo Bandini, dont il vient d’être récemment lauréat, ainsi que sur l’héritage laissé par le célèbre pilote italien.

Bruno Senna sur…le déroulement de sa saison avec Williams

Cette année est vraiment dure pour moi. La courbe d’apprentissage est assez abrupte pour s’adapter aux pneus, et j’ai parfois galéré, surtout en qualif’. Ce fut difficile de réunir tous les bons ingrédients, mais à mesure que je gagne de l’expérience, je me sens de mieux en mieux à chaque course. Les quelques jours que j’ai passés en Italie plus tôt cette année m’ont rappelé à quel point j’étais un privilégié.

Sur…le trophée Lorenzo Bandini

J’ai été invité à Brisighella où j’étais nominé pour le Trophée Lorenzo Bandini, un prix attribué tous les ans à un jeune loup du sport auto. Les trois précédents lauréats étaient Nico Rosberg, Lewis Hamilton, et Sebastian Vettel, ce fut donc un véritable honneur d’y être présenté. Ce dont manque ma carrière jusqu’ici, ce sont les trophées, mais cette distinction témoigne de la foi que les gens ont en mon potentiel, et ça m’a réellement stimulé pour la seconde partie de la saison.

Lorenzo Bandini à bord de la Ferrari 312, lors du GP de France 1966, à Reims.

Lorenzo Bandini était adorable et un bon gars, et même si on voit des gens disparaitre dans notre sport, c’est bon de voir leur état d’esprit perdurer. Il est mort tragiquement lors d’un crash au GP de Monaco 1967, alors qu’il n’avait que 31 ans, mais sa sœur Gabriella assure la transmission de son héritage. J’ai eu le privilège de la rencontrer et elle s’est dite fière de me présenter à ce prix, étant une fervente admiratrice d’Ayrton.
Lorenzo pilotait des sportives telles des Ferrari, mais aussi des F1 la plupart des weekends de l’année, et il résumait à lui seul le style de vie italien. J’ai réalisé que j’étais une personne extrêmement privilégiée, car très peu de personnes ont la chance de faire ce qu’elles aiment dans la vie. Je vis un rêve éveillé, mais je veux atteindre les sommets dans la discipline, et je donne tout ce que j’ai pour y parvenir. Je vis la vie que j’ai toujours voulue : piloter une F1 et me mesurer aux meilleurs pilotes du monde. Et si je peux les battre, ce serait la cerise sur le gâteau.

Sur…sa vie au quotidien avec l’équipe Williams

Williams est une équipe très différente de toutes celles pour lesquelles j’ai eu l’occasion de piloter. Elle m’a donné la chance d’apprendre à l’abri de la pression – et ce genre d’environnement est difficile à trouver en F1. C’est une grande famille et tout le monde a le plus grand respect pour Frank. C’est le personnage central de l’écurie et une fois que vous avez fait sa connaissance, vous comprenez pourquoi. Vous pourriez penser qu’à cet âge il  profite de la vie et prend du bon temps, mais non : quand je discute avec lui, il souhaite toujours savoir comment se comporte la voiture et si on a des idées pour la rendre plus rapide.

Sur…son futur avec l’équipe

Cette année il n’y a pas d’alternative à l’expérience, mais si vous apprenez vite, vous ne pouvez que vous améliorer. Par le passé, j’ai peut-être trop favorisé la course au détriment des qualif’, mais je comprends maintenant l’importance de celles-ci. Malheureusement, j’ai dû céder cette saison le tiers de mes vendredi matin à notre 3e pilote, Valtteri Bottas. Normalement ce ne devrait pas être un problème, mais le roulage perdu est un handicap. Nous avons certes accès aux données de Valtteri, mais ça ne remplace pas le temps passé sur la piste.

Bien entouré. Malgré les diverses rumeurs d’un éventuel remplacement, Senna se sent de mieux en mieux chez Williams.

Sur…les cours de conduite de Mr. Wilson

J’ai aussi passé du temps auprès de l’instructeur légendaire Rob Wilson à Bruntingthorpe, près de Leicester, et ça m’a aidé à appréhender certaines bases de la conduite. Il ne s’agit pas d’apprendre à piloter, mais plus de comprendre les interactions entre le pneu et la piste. Mes ingénieurs s’y sont prêtés aussi et nous avons piloté toute une série de voitures de tourisme – tractions et propulsions – et le fait de faire attention aux moindres détails est une expérience inestimable. Rob est un peu une icône et il m’a beaucoup apporté.

F1 Racing n°164, Octobre 2012





Arrête de faire le Jacques ! Paroles de vieux briscards – GP de Singapour :)

24 09 2012

Ils sont la terreur des cabines de commentateurs. La crème de la crème du journalisme sportif. Le monde entier nous les envie (ou pas). Ils répandent la bonne parole du pinacle du sport auto. Modèles d’impartialité, d’analyse, et de finesse, les commentateurs de TF1 sévissent toutes les après-midi dominicales des GP de F1, et ce, pour notre plus grand plaisir. Morceaux choisis.

Pré-course

Christophe Malbranque :Alors Jacques Laffite, que doit faire Romain Grosjean pour effectuer un retour convaincant ?

Jacques Laffite :Romain Grosjean ? Bon…ben… il doit déjà terminer le 1er tour…

Radio Paddock : Mine de rien, notre pilote franco-suisse Romain Grosjean revenait ni plus ni moins d’une course de suspension, après avoir été impliqué dans huit accrochages lors des douze premiers départs de la saison. Perspicace, notre cher Jacques sur ce coup là !

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Jean-Louis Moncet :Nous sommes ici dans le sanctuaire…nous sommes dans le garage Ferrari‘.

Radio Paddock : Aaaah, la fameuse neutralité journalistique !

Mise en pré-grille

Christophe Malbranque :Katy Perry est là…Katy Perry…la chanteuse bien sûr…

Radio Paddock : Bon elle s’est enfin ramenée on va pouvoir lancer le départ, ouf ! Sinon, vous en connaissez une autre de Katy Perry ?

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Christophe Malbranque :Ce que les spectateurs ne savent pas, c’est que notre cabine de commentateurs est située à 1.50m de la voiture de Bruno Senna‘.

Radio Paddock : Christophe, t’en profiteras pour lui demander s’il a fait exprès de prendre cinq places de pénalité juste pour être plus proche de votre trio infernal au départ. 1.50m, et pourquoi pas sur la piste, dans un échappatoire t’en qu’on y est ?

Course

9e tour, Christophe Malbranque :Vettel a coupé le pif-paf‘.

Radio Paddock : Les journalistes F1 du paf ont décidément du pif (ne souriez pas elle n’est pas drôle celle-là).

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13e tour, Jean-Louis Moncet :Tous les mécaniciens de McLaren, qui ont effectué l’arrêt aux stands le plus rapide du monde, ont reçu comme cadeau une montre de la part de Tag Heuer‘.

Radio Paddock : Wouaaah ça vaut plus le coup que de jouer à Top-Position !!!

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30e tour, Christophe Malbranque :Il y a une distinction entre pneus supersoft et soft. Les premiers sont des pneus tendres, les seconds des pneus durs. Mais en fait, même les durs peuvent être considérés comme des tendres techniquement parlant. Il y en a juste un qui est super tendre, et l’autre juste tendre. On appelle aussi ces derniers les « primes », et les premiers cités les « options »… Vous n’avez rien compris ? C’est normal !

Radio Paddock : Merci Christophe pour cette analyse technique.

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38e tour, Christophe Malbranque :Vous croyez que la voiture de sécurité sera exposée au Mondial de l’automobile cette année ?

Radio Paddock : Oui, bien sûr, à côté de la 2CV.

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41e tour, Jean-Louis Moncet :Les freins de la Mercedes de Schumacher étaient hors températures, suite à la sortie prolongée de la Safety Car…euh…mais…Jacques ne me regardez pas méchamment comme ça enfin !

Jacques Laffite :Et ses freins il est pas capable de les maintenir en températures !!!

Radio Paddock : Maintenant, on le sait, Jacques Laffite fait régner la terreur en coulisse…





La F1 comme vous ne l’avez jamais vue !

19 09 2012

F1 Race Stars privilégie les acrobaties déjantées au réalisme

Ces dernières années, les développeurs de chez Codemasters nous avaient habitués à une série de simulations de course ultra-réalistes, mais pour leur dernier jeu ils ont refait la F1…à leur façon.

Vous les reconnaissez ???

F1 Race Stars, dont la sortie est prévue pour novembre sur Xbox 360, PS3 et PC, ressemble, de par son gameplay, plus à un Mario Kart, avec ses pilotes aux physiques disproportionnés comparés aux voitures.
Vous trouvez le concept excentrique ? Vous n’avez pas vu les courses : les voitures peuvent faire des bonds, des loopings, et accumuler des boosts de puissance – rappelons que le jeu détient la licence F1.
C’est très excitant de transposer le petit monde de la F1 dans un nouvel univers de course décalé’’, a déclaré Chris Gray, le producteur en chef du jeu. “Nous avons donné carte blanche à nos équipes artistiques et de design pour présenter la personnalité des pilotes de F1 sous un autre jour, et créer un jeu où tous les fans, de 7 à 77 ans, pourront s’amuser en solo, écran partagé ou en ligne”.
Si vous êtes plutôt branché simulation, ne vous inquiétez pas : F1 2012, le dernier opus de la série à succès de Codemasters, va sortir dans quelques jours, le 21 Septembre. Voilà qui promet de longues soirées à faire chauffer les manettes cet hiver…

Le trailer de F1 Race Stars

F1 Racing n°163, Septembre 2012








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