Hamilton et McLaren supersoniques à Monza ! – Qualifications – GP d’Italie

8 09 2012

Lewis Hamilton a décroché ce samedi la 23e pole position de sa carrière, sa 4e de l’année, sur l’autodrome de Monza. Il sera accompagné sur la première ligne par son coéquipier Jenson Button. Il s’agit là de la 63e première ligne 100% McLaren de l’histoire, un nouveau record pour l’écurie de Woking. Felipe Massa surclasse lui pour la première fois de la saison Fernando Alonso et vient compléter le podium des qualifications.

Q1

Comme à l’accoutumée, nous retrouvons ici les trois équipes abonnées du fond de grille, à savoir Caterham, Marussia et HRT. Il est cependant intéressant de noter que Narain Karthikeyan fait mieux que son très expérimenté équipier Pedro de la Rosa, alors que chez Marussia la lutte continue à faire rage entre Charles Pic et Timo Glock, et où c’est l’Allemand qui s’impose pour la seconde fois d’affilée dans l’exercice des qualifications.
Du côté de Caterham, c’est Heikki Kovalainen qui prend une nouvelle fois l’ascendant sur Vitaly Petrov, alors que les écarts entre les trois écuries de bas de classement ne cessent de se réduire : en effet, à peine plus d’une demi-seconde sépare le temps de Petrov (1:26.887), de celui de Karthikeyan (1:27.441).
Quant au dernier pilote bloqué en Q1, il s’agit de Nico Hulkenberg, qui a vu l’ensemble de son sélecteur de vitesses rendre l’âme dès son premier tour lancé et n’a donc par conséquent pu boucler le moindre tour.

Q2

Tous les regards étaient dès lors tournés vers Jérôme d’Ambrosio lors de cette deuxième partie des qualifications. Le Belge, remplaçant au pied levé Romain Grosjean, avait senti le souffle du boulet dès la Q1 où il n’avait devancé Kovalainen que de cinq petits dixièmes pour composter finalement son ticket pour la Q2. Celui-ci s’intercale finalement entre les Toro Rosso en 15e position, qui ont une nouvelle fois souffert d’un manque de vélocité dans le temple de la vitesse de Monza.

Maldonado paye très cher son comportement en Belgique en reculant de 10 places sur la grille.

Le Belge a ainsi bouclé un tour de sept dixièmes de seconde plus lent que celui de son équipier Kimi Räikkönen, ce qui n’est pas spécialement énorme au vue du déficit de roulage que celui-ci accuse (le pilote essayeur Lotus n’a pris part à aucun des séances d’essais du vendredi matin, et n’a réellement roulé que lors des tests organisés au Mugello début Mai).
Les Williams de Pastor Maldonado et Bruno Senna se positionnent quant à elles respectivement en 12e et 14e place, mais le Vénézuélien devra s’acquitter de sa pénalité de 10 places sur la grille (pour départ anticipé suivi d’un accident provoqué avec Glock à Spa), le rétrogradant de fait en 22e position pour la course.
Enfin, Sergio Pérez signe le 12e temps alors que Mark Webber se retrouve scotché en Q2 pour la seconde fois en trois weekends.

Q3

McLaren confirme ici sa bonne forme du moment en engrangeant une troisième pole position de rang et en monopolisant la première ligne. L’écurie anglaise a survolé la Q3 et n’a pas eu à souffrir de la concurrence d’Alonso qui termine bon dernier de la séance après n’avoir pu tiré la quintessence de son bolide en raison d’une barre anti-roulis défaillante. Plus surprenant, Massa signe le 3e temps et sera le porte-étendard de la Scuderia sur ses terres pour le GP. Derrière lui, Paul di Resta a réalisé une qualif’ de toute beauté qui lui a valu une très belle 4e place, mais qui se transformera en 9e demain suite à une pénalité pour changement de boite de vitesses. C’est la deuxième fois ce weekend que Force India rencontre des problèmes à ce niveau suite aux soucis d’Hulkenberg en Q1.
Les Mercedes de leur côté finissent 4et 6e, encerclant le poleman 2011 de l’épreuve italienne Sebastian Vettel, qui n’a pu faire preuve de la même ingéniosité que l’année dernière en étalonnant sa boite de vitesses sur des rapports courts pour compenser le manque de puissance du V8 Renault.
Ledit manque de puissance constitue sans doute aussi la raison principale de la contre-performance de Räikkönen, 7e, qui pourra toujours se consoler en se disant qu’il devance le leader  du championnat Fernando Alonso. Kamui Kobayashi ramène quant à lui la 8e place pour Sauber.





Feu vert pour les bleus ?

2 11 2011

Les mercatos se suivent et ne se ressemblent pas en Formule 1, au plus grand bonheur des Français. En effet, l’hexagone a du se résigner ces dernières années à voir le plateau F1 déserté par les tricolores, mais la situation est bien différente cette saison.

Ainsi, ils sont quatre pilotes français à être sur les rangs afin de décrocher un contrat pour 2012. Si Romain Grosjean s’avère le plus légitime avec le titre GP2 Series en poche, les bonnes performances de Jean-Éric Vergne et de Jules Bianchi dans leurs catégories respectives, ainsi que le rapprochement entre Charles Pic et Marussia Virgin Racing sont autant d’espoirs de voir très prochainement un pilote français se glisser dans le baquet d’une F1.

La situation sur le marché des transferts

Partira, partira pas ? L'avenir de Sutil pourrait bien redistribuer les cartes.

Une chose est sûr : le marché des transferts est d’ores et déjà clôturé pour ce qui est des quatre top teams. En réalité, celui-ci n’a jamais réellement débuté. Si des doutes ont un certain temps plané sur l’avenir de Mark Webber, Felipe Massa et Michael Schumacher, ceux-ci se sont évaporés et on a finalement assisté à la reconduction de l’intégralité des contrats du haut de tableau.

Dans le peloton, Sauber et Team Lotus ont eux aussi confirmé leur line-up pour 2012, qui demeureront inchangés. Par ailleurs, Williams devrait officialiser sous peu le retour de Kimi Räikkönen en lieu et place de Rubens Barrichello, apparemment démotivé et dont les récents résultats ne plaident pas en sa faveur. Force India devrait quant à elle indiquer le chemin de la sortie à Adrian Sutil pour titulariser Nico Hülkenberg, dont la fin de saison 2010 fut très prometteuse (pole au Brésil à bord d’une Williams et dans des conditions difficiles), mais qui du s’effacer devant les dollars de Pastor Maldonado et de son sponsor titre PDVSA.

Kubica, accidenté en Février dernier, constitue la clé des transferts pour 2012.

Ceci posé, il ne reste donc que quatre écuries susceptibles de présenter des opportunités : Renault, dont les choix reposent essentiellement sur la capacité ou non de Robert Kubica à recouvrir de ses blessures occasionnées par un terrible accident en Rallye en Février dernier. Toro Rosso, qui pourrait une nouvelle fois céder à la tentation d’installer dans l’une de ses monoplaces l’un des poulains du Red Bull Junior Team, mais aussi et surtout Marussia Virgin Racing et HRT, dont le silence radio laisse place à de nombreuses tractations.

Le jeux des chaises musicales est donc loin d’être terminé, bien au contraire, et nos tricolores occupent une place de choix dans cette folle cavalcade automnale. Revue des forces françaises en présence.

ROMAIN GROSJEAN

Et dire que le pilote franco-suisse aurait pu tout laisser tomber fin 2009 à la suite d’une expérience peu concluante en F1 avec Renault…c’était sans compter sa force de caractère et sa capacité à se remettre en question. Ainsi, depuis ces deux dernières années et son éviction de l’écurie au Losange, Romain a réussi dans toutes les disciplines dans lesquelles il s’est engagé : champion en Auto GP avec DAMS en 2010 après un passage en championnat du monde FIA GT1, titré en GP2 Asia Series, il a remporté les GP2 Series à proprement parler cette saison, toujours avec DAMS.

Non content de jouir d’un très bon palmarès, il peut en outre se targuer d’avoir suppléé Nick Heidfeld au poste de pilote essayeur officiel Pirelli, et donc de détenir une expérience non-négligeable des enveloppes transalpines. De plus, son aventure passée en F1, bien que décevante, ne peut que jouer en sa faveur à une période où les écuries rechignent à recruter des pilotes inexpérimentés en raison d’essais privés réduits à peau de chagrin (« rookies tests » en Novembre + 3×3 jours d’essais courant Février, soit en tout et pour tout douze jours de roulage).

Dans le mur. Le bref passage de Romain en F1, chez Renault en 2009, fut tout sauf un succès.

On ne peut en effet lui tenir rigueur de ses résultats lors de sa première apparition en F1, chez Renault en 2009 : Romain du remplacer au pied levé Nelson Piquet Junior en cours de saison sans avoir pu s’entrainer au préalable, se retrouvant coéquipier de Fernando Alonso (rien que ça !), à bord de la rétive R29. Ajoutés à cela les troubles et l’incertitude de l’époque concernant le futur de l’écurie, en raison du scandale du Singapour Gate, et vous obtenez un mélange bien peu propice à la sérénité, surtout pour un nouveau pilote. ‘Ce fut une période inadéquate pour mettre son talent à l’épreuve,’ concède Éric Boullier, directeur de Lotus Renault Grand Prix (LRGP), qui connait bien Grosjean pour avoir dirigé DAMS jusqu’en 2009.

Grosjean et Boullier se connaissent bien depuis l'époque DAMS.

Des signes encourageants semblent indiquer que LRGP pourrait proposer un volant à Romain pour 2012 : l’écurie, depuis le crash de Robert Kubica en Février dernier, s’est retrouvée dépourvue de leader capable de dynamiser la structure et d’aider au bon développement de la R31 : Vitaly Petrov, en dépit de progrès indéniables, ne fait pas figure de messie et tient plus son baquet de par ses soutiens financiers que de par son talent naturel. Passées les premières courses de la saison et l’avantage d’avoir été l’unique pilote essayeur Pirelli durant l’hiver 2010-11, Nick Heidfeld a par la suite marqué le pas et semble à présent au crépuscule de sa carrière. Bruno Senna quant à lui ne détient pas encore un pedigree suffisant pour s’affirmer totalement dans l’équipe et ce, malgré l’injection de capitaux dans la structure par le biais d’un groupe d’investissement brésilien. Grosjean pourrait donc apporter ce surplus de confiance en soi qui manque terriblement à LRGP.

D’ailleurs, les faits récents ne trompent pas : l’officialisation du champion GP2 en titre pour les FP1 des GP d’Abou Dabi (à la place de Senna) et du Brésil (à la place de Petrov), témoigne d’une incertitude sur le duo de pilotes LRGP 2012. En effet, si les deux pilotes titulaires actuels manquent encore d’expérience selon les dires mêmes de la direction du team (Éric Boullier excluait encore début Octobre une possible intervention de Romain les vendredis de GP), il aurait mieux fallu leur réserver l’intégralité des séances d’essais lors de ces deux GP. On peut donc logiquement se demander si le vent ne tourne pas et si ces deux apparitions ne constitueront pas en réalité de véritables évaluations en vue d’une titularisation pour 2012, auquel cas Senna devra laisser sa place au pilote français (Petrov semblant à l’abri de par l’appui de ses sponsors).

L'empereur Romain. Grosjean fut impérial cette saison en GP2.

Pour ce qui est de Kubica, en dépit de son bon rétablissement, son docteur, Riccardo Ceccarelli, n’envisage pas un retour avant quelques mois encore, n’autorisant le Polonais qu’à effectuer des tests en simulateur pour le moment. Le timing semble donc bien trop serré, d’autant plus qu’Éric Boullier veut une réponse définitive sur le retour ou non du Polonais courant Novembre. La faculté même de Kubica de retrouver sa pointe de vitesse après ce grave accident peut être remise en question, d’autant plus si on se réfère à la situation de Felipe Massa, dont la verve et l’agressivité semblent s’être émoussées depuis sa mésaventure au GP de Hongrie 2009 (le Brésilien fut touché à la tête par un ressort échappé de la Brawn de son compatriote Barrichello et fut éloigné des circuits plusieurs mois durant).

Conclusion

Tous les éléments semblent donc converger vers une titularisation en 2012 chez LRGP aux côtés de Vitaly Petrov. Romain détient la légitimité d’un titre GP2, l’expérience des pneus Pirelli, et connait déjà le fonctionnement du team, s’entendant à merveille avec Éric Boullier pour avoir déjà travaillé avec lui durant la période DAMS. Kubica ne semble lui pas en mesure d’être prêt à temps pour le début de la nouvelle saison. Seule une récupération à marche forcée (peu probable) de ce dernier, ou une pression de la part du groupe d’investissement brésilien en faveur de Bruno Senna ou de Rubens Barrichello (qui sera sans doute libéré de chez Williams et représenterait ce pilote expérimenté que LRGP recherche tant) pourrait changer la donne. Il ne reste plus à Romain qu’à passer avec succès le cap des essais libres d’Abou Dabi et d’Interlagos, pour pouvoir s’assurer définitivement un baquet en F1.

JEAN-ERIC VERGNE

Le natif de Pontoise a été le premier pilote français à rouler un vendredi matin. Ce fut à Yeongam, lors du GP de Corée, sur une Toro Rosso et sous une pluie diluvienne. Malgré ces conditions dantesques, « JEV » signa un probant 13e temps et put rentrer chez lui, le sentiment du travail accompli. Jean-Éric fait partie depuis 2008 du Red Bull Junior Team, vivier de jeunes pilotes qui a notamment vu l’éclosion de nombreux talents tels que Sébastien Buemi, Jaime Alguersuari, Daniel Ricciardo, mais aussi et surtout Sebastian Vettel. S’il est avéré que Red Bull donne des ailes, JEV a quant à lui été pris sous l’aile de Red Bull, ce qui lui assure un avenir quasi-certain en F1 à plus ou moins long terme…pour peu qu’il obtienne des résultats dans les différentes catégories menant à la F1.

Vergne est le seul Français à ce jour à avoir décroché le titre en F3 anglaise.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Vergne a répondu parfaitement aux attentes de son tuteur pour l’instant : premier Français vainqueur du championnat de F3 anglaise en 2010, il remplaça en cours de saison Brendon Hartlay – un autre produit 100% Red Bull, plus décevant cette fois-ci – en World Series by Renault 3.5, avant de composter son ticket pour un premier bout d’essai en F1, lors des rookies tests à Abou Dabi fin 2010, déjà sur Toro Rosso. En 2011, le frenchie reprit du service en WSR 3.5, pour une saison complète cette fois-ci. En dépit d’une campagne réussie (il a terminé au titre honorifique de vice-champion), il n’est pas parvenu à prendre l’ascendant sur son coéquipier canadien Robert Wickens, chez Carlin Motorsport.

Vergne aurait sans doute préféré la même issue pour ce France-Canada automobile que lors de la coupe du monde de rugby.

Cela ne l’a pas empêché de participer à la FP1 à Yeongam, participation qui laisse entendre que l’un des deux vacataires actuels de Toro Rosso, Jaime Alguersuari et Sébastien Buemi, pourrait se retrouver sur la sellette l’année prochaine. Buemi est sans doute le fusible le plus susceptible de sauter, car ces récentes performances ont été en deçà de celles de son équipier espagnol, qui jouit en outre de l’appui financier du groupe pétrolier ibérique Cepsa, sponsorisant le team depuis le GP d’Italie. Preuve en est que Buemi est dans le collimateur de STR : c’est bien lui qui cédera sa place à JEV pour les deux prochaines FP1 à Abou Dabi et au Brésil, fait d’autant plus révélateur que cette pratique n’a pas cours dans d’autres écuries. LRGP par exemple alternera entre Senna et Petrov pour laisser le volant à Romain Grosjean. Il est vrai que l’équipe de Faenza avait depuis longtemps annoncé sa volonté de tester l’un des pilotes de la filière Red Bull, au détriment du pilote qui aurait inscrit le moins de points à l’issue du GP d’Inde. A ce jeu là, le Suisse s’est malheureusement vu distancé assez nettement par Alguersuari (26 points contre 15).

Cependant, Daniel Ricciardo, autre pilote sous contrat Red Bull, pourrait très bien briguer lui aussi le second baquet de Toro Rosso. L’Australien, titularisé chez HRT depuis Silverstone, détient en effet une plus forte expérience en GP que JEV et pourrait espérait monter en grade l’année prochaine chez la petite sœur de Red Bull. Mais l’affaire est loin d’être conclue : Ricciardo n’a pas particulièrement impressionné face à Tonio Liuzzi chez HRT, Liuzzi n’ayant lui-même pas convaincu ses employeurs. En outre, le contrat Red Bull de Ricciardo expire à la fin de l’année, de quoi représenter une fenêtre de tir pour Vergne.

JEV a réalisé le 13e temps lors de la FP1 du GP de Corée.

Conclusion

JEV a de véritables chances d’effectuer ses débuts en F1 chez Toro Rosso la saison prochaine, aux côtés de Jaime Alguersuari. Le Français détient en effet la pleine confiance de Red Bull, comme le montre son travail dans le simulateur de Milton Keynes courant Septembre, qui a permit au taureau rouge d’avoir les bons réglages pour encorner ses adversaires à Singapour, ainsi que sa participation aux rookies tests à Abou Dabi, le weekend du 15 au 17 Novembre. L’entrée en F1 de Vergne reste néanmoins suspendue à la décision de Red Bull de remercier Buemi et de ne pas bombarder Ricciardo pilote titulaire Toro Rosso. A défaut d’une place en 2012, Jean-Éric pourra se concentrer sur le titre WSR 3.5 et convoiter une place dans l’écurie pour 2013.

JULES BIANCHI

Il est des pires situations pour un pilote que d’être managé par le fils du président de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), et d’appartenir au club des jeunes espoirs de la marque la plus prestigieuse des sports mécaniques. C’est le contexte dans lequel évolue Jules Bianchi, « coaché » par Nicolas Todt (qui gère les carrières de Felipe Massa et de Sébastien Bourdais, excusé du peu), fils de Jean Todt, actuel président de la FIA et ancien maitre d’œuvre de la Scuderia Ferrari. Le jeune français est de surcroit rattaché à la Ferrari Driver Academy, organe qui a pondu quelques jeunes loups tel que Sergio Perez.

C’est sur ces solides bases que Bianchi s’est aligné aux rookies tests de fin 2009 au volant d’une Ferrari, après avoir signé un contrat de pilote d’essais au service du cheval cabré. Dès lors, on aurait pu penser qu’avec un tel soutien son avenir était tout tracé et que les échelons à gravir jusqu’à la F1 ne serait que simple formalité. Il n’en fut rien. Promu en GP2 en 2010, Jules est allé de Charybde en Scylla, voyant sa saison émaillée d’accrochages et de disqualifications, avec en point d’orgue une blessure lors de la manche magyare, qui lui a valu plusieurs semaines à l’hôpital.

Néanmoins, le poulain du Cavallino Rampante a bien progressé en 2011 et s’est vu convié à un test comparatif au milieu du mois de Septembre à Fiorano face à Perez, à bord d’une F-2009. Le Français a finalement prit le dessus sur le Mexicain de près d’une demi-seconde et a reçu les louanges de tout le landerneau  de la F1 et plus particulièrement de la gestione sportiva.

Une épée de Damoclès au dessus de la tête. Est-ce la pression de Ferrari ? Toujours est-il que Bianchi peine à concrétiser en GP2.

Il n’en demeure pas moins que Jules doit encore faire ses preuves en GP2 et ambitionner de décrocher le titre en 2012. Car si on a longtemps vu le Français s’aligner auprès de Perez chez Sauber (moteur Ferrari aidant), en lieu et place de Kamui Kobayashi, Peter Sauber a finalement confirmé ses deux recrues actuelles pour le prochain exercice. L’horizon n’est pas plus éclairci chez Ferrari, où le contrat de Massa court jusqu’à fin 2012. Et même à cette échéance, il est probable que la Scuderia optera pour un pilote chevronné pour seconder Fernando Alonso, ou à défaut recrutera Sergio Perez, qui pourra alors justifier de deux années d’expérience en grand prix.

En attendant, Jules devra davantage convaincre ses pairs en GP2. La presse allemande, et plus précisément Autobild a annoncé, en marge du GP d’Inde, l’établissement futur d’un contrat de 3e pilote chez Force India. Cette fuite corroborerait l’hypothèse de la promotion de Nico Hülkenberg à un poste de titulaire au sein de l’écurie indienne ainsi que le limogeage d’Adrian Sutil, mais cela signifierait surtout davantage de temps de roulage pour le Français les vendredis matins.

Conclusion

Un baquet en F1 pour 2012 semble difficilement envisageable, et surtout prématuré. Jules devra d’abord se rassurer en GP2 en tentant de glaner le titre et engranger un maximum d’expérience avec Force India si les rumeurs de contrat s’avèrent fondées, auquel cas le tricolore pourra prétendre à la F1 à l’horizon 2013, sans doute chez Sauber à la place de Kobayashi, du fait des affinités entre Ferrari et l’écurie suisse.

CHARLES PIC

Charles Pic est sans doute le pilote français le plus inattendu de ce quatuor, et pourtant il est peut-être le mieux placé pour obtenir un volant pour la saison prochaine. Le jeune homme vient d’achever sa deuxième saison en GP2 et a fait sensation en finissant à la 4e place du championnat cette année. Outre ses bons résultats, Charles est soutenu financièrement par le Groupe Charles André (GCA), compagnie leader dans la logistique et le transport en Europe, qui appartient à sa famille. Le groupe exerce dans une multitude d’autres domaines qui touchent aussi bien aux hôtels qu’à la construction. L’entreprise familiale s’est d’ailleurs fait connaitre dans le monde de l’automobile pour être spécialisée dans le convoyage des produits Elf.

Pic a de plus signé en 2011 avec Lagardère Unlimited, qui s’occupera à présent de la gestion de sa carrière. La firme s’est ainsi assurée le concours d’Olivier Panis afin de manager Charles et le conseiller au mieux dans son ascension vers la F1. Ironie du sort, Panis avait intégré la F1 en 1994 en partie grâce au GCA, qui constituait à l’époque le sponsor principal de l’équipe de F3 (Winfield) du Grenoblois. Panis et Pic se sont de fait lancer dans une vaste campagne de prospection dans le paddock du GP du Japon afin de sonder les différentes équipes et dénicher d’éventuelles opportunités, entamant des pourparlers avec de nombreuses écuries, au rang desquelles : Team Lotus, Williams et Marussia Virgin Racing.

Tout le monde derrière Pic ! Le pilote français détient de nombreux soutiens, financier et managérial.

Cette dernière représente l’hypothèse la plus plausible, car Team Lotus vient de confirmer pour une année supplémentaire son duo de pilotes 2012, et Williams devrait accueillir le revenant Kimi Räikkönen l’année prochaine, aux côtés de Pastor Maldonado. Il était aussi prévu que Pic prenne part aux rookies tests de Novembre avec Toro Rosso, mais cette dernière a semble t-il coupé court à la relation. Le Français frappe donc à la porte de Marussia Virgin Racing, qui pourrait congédier Jérôme d’Ambrosio et se laisser séduire par les arguments financier et managérial de Pic.

Conclusion

Marussia Virgin Racing est une petite équipe, et comme tous les petits Poucet elle subit plus fortement que d’autres les effets de la crise économique. La lanterne rouge du championnat 2010 pourrait donc engager Pic en raison de ses atouts financiers, passant l’éponge sur son relatif manque d’expérience. On pourrait penser à tort que le Français se situe dans une situation idéale, mais Marussia Virgin Racing pourrait tout aussi bien se tourner vers Adrian Sutil (si l’Allemand se révèle être en partance de Force India), plus expérimenté et soutenu par le groupe Medion. L’équipe se retrouverait alors avec un tandem 100% germanique (Sutil et Timo Glock), propice à la rentrée de capitaux frais dans la structure.








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