Interview Michael Schumacher

19 11 2012

Ce weekend, Michael Schumacher fera ses seconds adieux à la F1, pour de bon cette fois. L’occasion de revenir sur une interview qu’il avait accordé au magazine F1 Racing il y a maintenant un peu plus de deux mois, alors que l’annonce de sa retraite définitive n’avait pas encore eu lieu, et où il se prêta au jeu de la rubrique « Vous Posez Les Questions », où des lecteurs lambda ont la possibilité de questionner des personnalités de la F1. Cette interview fut sans doute et contre toutes attentes l’une des plus franches et directes qu’il ait pu accorder jusqu’ici. Le pilote allemand pressentait-il que la fin de sa carrière était imminente (Mercedes n’a pas eu la délicatesse de lui annoncer son remplacement par Hamilton pour 2013 avant la publication du communiqué de presse) ? Ou avait-il senti que sa liberté d’expression était moins restreinte du fait que les questions n’étaient pas posées par des journalistes du milieu mais par des fans ? Toujours est-il qu’il en résulta un entretien décalé et sans concessions, et instructive a posteriori de l’annonce de son retrait de la F1.

Sur ces deux dernières décennies de F1, on peut considérer qu’au moins la moitié n’a connu la domination quasi sans partage que d’un seul homme. Et même quand il ne se battait pas pour le titre, celui-ci était toujours considéré comme le pilote à battre. Qu’il s’agisse d’une course déterminante pour le titre ou bien de polémiques faisant les gros titres, tout le monde connait son nom : Michael Schumacher.

Salut l’artiste !

Quelle que soit votre opinion sur cette outrageuse hégémonie, sur les atermoiements de son retour, les chiffres restent étourdissants : 7 titres, 68 pole positions, 91 victoires. Ces statistiques jettent un voile sur tous les autres pilotes de l’histoire de ce sport.
Nous nous sommes donc demandés comment Michael réagirait si on lui remémorait “l’affaire de la Rascasse”, si on évoquait l’hypothèse d’un départ forcé de chez Ferrari, ou bien encore ses souvenirs d’Ayrton Senna. Mais au final il ne semble pas trop embarrassé. Le Michael inflexible, sans pitié des années Ferrari s’est adouci. A présent il est plus détendu et sait apprécier les bons moments – les 300 GP et les 21 années passées à voyager à travers le monde y sont sans doute pour quelque chose.
Sur les quelques 2000 questions que vous nous avez envoyées, traitant des débuts de Michael jusqu’à son passage à Maranello, nous lui avons posé les plus intéressantes, et il est l’heure maintenant d’écouter ses réponses.

Qu’est-ce que vous ressentez lorsque des gamins vous doublent sur la piste ?
Frederik Gasoi, Canada

Ça m’est égal. Lorsque je suis dans l’auto, peu importe l’âge de mes adversaires. Ce que je veux juste c’est passer le gars qui est devant moi – ou à l’inverse rester devant lui. C’est ça le truc.

Avec Sebastian Vettel, lors du GP de Corée cette année. La relève allemande est (bien) assurée…

Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ce qui s’est passé au bar de l’hôtel du circuit de Suzuka, le ‘Log Cabin’, la nuit suivant votre titre de champion du monde en 2000 ?
Ashley Mason, Royaume-Uni

Vous devez confondre avec mon frère…

Quelle était votre idole lorsque vous étiez petit ?
Caroline Riley-Smith, Royaume-Uni

Au début ce fut Vincenzo Sospiri en karting. Puis Ayrton Senna. Ces deux gars m’ont beaucoup inspiré quand je faisais du kart.

Quel est le facteur à améliorer pour permettre à Mercedes d’être aux avant-postes de façon régulière ?
Pamela Lowth, Royaume-Uni

A l’heure actuelle, il n’y a pas qu’un seul facteur sur lequel agir. Il s’agit plutôt d’une mosaïque où toutes les pièces doivent imbriquées. Nous ne sommes plus loin du compte, mais il faut assembler les derniers éléments.

Vouliez-vous vraiment donner un coup de poing à David Coulthard après votre collision à Spa en 1998 ?
Karel Belohuby, République Tchèque

Euh…je n’ai jamais été bagarreur pour être honnête. En fait, je n’ai jamais frappé personne, mais sur le coup je voulais lui faire prendre conscience de son acte.

Tricycle rouge ! Schumi ne manquera pas de dire sa façon de penser à Coulthard une fois arrivé aux stands.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné et en quoi consistait-il ?
Lee Frary, Royaume-Uni

Réfléchir avant d’agir’. C’est un ami proche, qui a maintenant dans les 80 ans et qui a vécu beaucoup de choses, qui m’avait donné ce conseil. Il est valable dans toutes les situations de la vie – il signifie que quel que soit ce que vous voulez faire, vous devez bien en envisager les conséquences.

Quel est votre meilleur souvenir d’Ayrton Senna ?
Montero Moises, Espagne

Facile. C’est le Brésil en 1994, où je l’ai battu après qu’il ait fait un tête-à-queue quand on se battait pour la tête. D’une certaine manière, le fait qu’il perde le contrôle m’a rendu très fier du fait de son tempérament de vainqueur. Il faut dire qu’on revenait de nulle part aussi – en 1994 notre petite Benetton, munie d’un moteur Ford, n’était pas supposée jouer les premiers rôles, mais c’était en réalité un excellent ensemble, et nous étions capable de ferrailler avec les Williams. Lorsqu’il est sorti, je me suis dit : ‘C’est bon signe’.

Avez-vous déjà été verbalisé sur la route et si oui, quelle a été votre réaction ?
Gary Gillies, Royaume-Uni

Oui je l’ai déjà été. Malheureusement on ne m’a pas fait sauter ma prune…

Quelle qualité appréciez-vous le plus chez un pilote ?
Jacob Cook, Etats-Unis

Peut-être qu’il soit allemand…

L’idée de monter votre propre équipe vous a-t-elle déjà traversée l’esprit ?
Clare Dobson, Royaume-Uni

Non, jamais.

De toute votre carrière de pilote, du karting à la F1, quel a été votre plus féroce adversaire ?
Paul Mariano, Etats-Unis

Le plus féroce ? Vous voulez dire le plus coriace ? Sans hésitations Mika Häkkinen.

Quelle musique écoutez-vous ?
Carina Gusevska, Lettonie

Paolo Nutini.

Avec si peu de points marqués comparé à votre équipier, comment faites-vous pour rester calme ?
Kadir Gunes, Turquie

Je reste calme justement parce que je n’ai pas inscrit beaucoup de points… j’ai subi tant de casses mécaniques qu’honnêtement je ne me soucis par de cela – ça fait partie du jeu. Je fais confiance aux gars dans l’équipe et vis-versa. C’est ce qui m’importe le plus.

Malgré un déficit de points face à Rosberg, notre « vieux » Schumi a cependant pris l’ascendant en qualifications. Dommage qu’il ait été le paratonnerre des problèmes mécaniques de la Mercedes W03 toute la saison.

Je pars visiter Monaco durant mes vacances. Une idée du meilleur endroit où se garer ?
Graham Scott, Royaume-Uni

Eh bien, il y a plein de parkings sous-terrain en Principauté…

F1 Racing : La Rascasse non ?

En contemplant votre carrière F1 jusqu’ici, avez-vous des regrets ?
Charles Russell, Irlande

Oui : Jerez 1997.

Si Ferrari vous faisait une proposition, seriez-vous partant ?
Mark Durepos, Etats-Unis

Pourquoi ?

Devez-vous vous entrainer plus durement et plus longtemps pour rester en forme à présent ?
Don Molyneux, Etats-Unis

Je m’entraine autant qu’avant. J’ai toujours apprécié être affuté, et je l’ai été parfois plus que nécessaire. Les F1 sont plus lentes maintenant et requièrent moins d’efforts, il est donc facile d’être en bonnes conditions pour ces voitures. J’ai adapté mon régime et je recherche toujours de nouvelles choses à faire. Je pourrais vous raconter tout mon petit train-train, mais vous ne pourriez pas tout enregistrer !

Y-a-t-il quelque chose qui vous irrite en F1 aujourd’hui ?
Michael Bobroy, Russia

L’or noir.

F1 Racing : Euh… vous pouvez préciser votre pensée ?

Je vous laisse y réfléchir.

Est-il vrai que quand vous étiez jeune votre père a modifié la pédale de votre kart en mettant un vieux moteur de moto dessus ? Et est-il vrai aussi que quand vous aviez quatre ans, vous vous êtes pris un réverbère avec ?
Rhys Hardstaff, Nouvelle-Zélande

Vous êtes bien informé. C’est comme ça que tout a commencé.

En moyenne, combien de cigares fumez-vous par mois ?
Kaspar Kutt, Estonie

Je ne compte plus…en moyenne un peu moins d’un cigare.

Fatigue ? Perte de concentration ? Freins hors température ? Difficile d’expliquer l’accrochage de Schumi avec JEV cette année à Singapour.

Durant une épreuve, votre esprit est-il concentré à 100% sur la course, ou vous arrive-t-il parfois de vous demander ce que vous allez faire à diner ?
Juha Makarainen, Finlande

Il m’arrive de penser à autre chose. Quand vous dévalez une ligne droite à Monza, vous avez pas mal de temps pour laisser votre esprit vagabonder, sur des détails relatifs à l’auto ou parfois des choses complètement différentes. Ça n’arrive pas en qualif’ ou dans un moment chaud, mais ça peut arriver lorsque vous enchainez les tours.

Est-il moins facile de se remettre de l’ivresse de la victoire quand on est jeune ?
Patricia Hussey, Royaume-Uni

Je ne pense pas que ça ait un lien avec l’âge. C’est simplement liée à vos réussites, et dès que vous accomplissez quelque chose, vous vous reconcentrez de suite sur un autre objectif. Ça peut commencer par une victoire, puis un championnat.

Il m’a semblé qu’en 2006 Ferrari vous avait poussé vers la sortie alors que vous ne vouliez pas réellement vous retirer. Est-ce vrai ?
Don Diklich, Etats-Unis

Non, à 200%. Lors d’une traditionnelle soirée de Noël organisée par Ferrari j’ai dit à Mr di Montezemolo sur la scène que je voulais me retirer et il m’a répondu : ‘Repense-y. Tu peux avoir un contrat à vie ici. Tout ce que tu voudras tu l’auras, nous voulons que tu restes’. Ça peut sembler être une coïncidence mais j’ai eu un tchat pas plus tard qu’hier avec lui et nous entretenons toujours de bonnes relations. Mais j’avais décidé de me retirer et c’est ce que je voulais à l’époque. Comme je l’ai dit, j’étais juste lessivé. Je n’avais plus de ressources et plus rien à prouver, et j’avais mon « petit frère » – comprenez Felipe Massa – j’étais content pour lui qu’il reprenne le flambeau.

Un dernier tour d’honneur. Les cadres de la campagne 2006 quasiment au grand complet. De gauche à droite : Schumi, Todt, Massa et Montezemolo.

Quels seront vos prochains défis dans votre vie ?
David Herron, Royaume-Uni

Je ne pense pas avoir d’autres défis dont je puisse parler.

Etes-vous nostalgique de Maranello ?
Annie Hughes, Royaume-Uni

Je le suis. J’y vais occasionnellement pour voir Rossella, qui dirige le restaurant Montana ; on se parle assez souvent dans la semaine, elle m’appelle, et on a un contact régulier – pas autant qu’avant, mais elle reste dans mon cœur. Stefano Domenicali est aussi un bon ami à moi, et on traine souvent ensemble. Le meilleur plat de Rossella ? Les tagliatelles.

Quelle boisson commanderiez-vous si vous étiez avec Kimi ?
Richard Andrews, Nouvelle-Zélande

De l’Apfelschorle, du jus de pomme avec de l’eau gazeuse.

Combien de temps comptez-vous encore rester en F1, et que voulez-vous faire par la suite ?
Rustam Sagitov, Russie

Eh bien, j’ai bien peur que je ne puisse vous répondre à ce stade de la saison.

Quel a été votre plus beau dépassement en F1 ?
Roger Clarke, Royaume-Uni

A trois de front. La passe d’armes entre Häkkinen et Schumacher à l’approche des Combes reste un modèle du genre.

Il y en a eu tellement… Je ne peux pas m’en rappeler d’un en particulier tout de suite. Il y a bien eu cette passe d’armes dont les gens se souviennent, celle avec Mika Häkkinen lorsqu’il m’a dépassé à Spa en laissant Ricardo Zonta entre nous deux. Mais réfléchissez-y : qu’est-ce que je pouvais faire ? J’avais un retardataire au milieu de la piste et je devais choisir un côté par lequel passer. Mika a bien entendu pris l’autre côté et a profité du surplus de vitesse pour me passer. C’était bien joué de sa part… J’ai vécu la même chose avec Felipe et Kamui à Montréal l’année dernière, lorsque je leur ai fait l’intérieur et que je les ai passés tous les deux en même temps. Les gens pensent que c’est une action géniale, mais en réalité c’est assez facile à faire. Deux gars bataillent et se gênent mutuellement et je suis le troisième larron qui en profite. Ça a de la gueule, mais ça n’a rien d’extraordinaire quand on y pense. Il y a des instants de course beaucoup plus intenses – des moments sur lesquels il faudrait s’attarder davantage de mon point de vue.

Qu’avez-vous ressenti lorsque Jacques Villeneuve vous a fait l’extérieur dans le dernier virage à Estoril en 1996 ?
Steve Bather, Royaume-Uni

C’est uniquement parce que j’avais ralenti pour le gêner que j’ai compromis ma sortie de virage. Il a sauté sur l’occasion pour me faire l’extérieur. Dites-vous bien qu’avec sa voiture il disposait de bien plus d’adhérence pour pouvoir faire ça…

Pourquoi continuez-vous à vous plaindre des pneus – est-ce parce que vous étiez habitué à avoir des enveloppes qui correspondent mieux à votre style pilotage ?
David Greenwell, Royaume-Uni

Je vais faire simple. Si vous avez un manufacturier unique, alors celui-ci se doit de fabriquer un pneu qui convienne à la majorité du plateau. Et c’est ce que j’ai voulu exprimer. A l’heure actuelle, ce n’est pas le cas. Nous avons des gommes qui ne fonctionnent que pour une petite frange de pilotes et non pour la majorité, ce qui ne devrait pas se produire. Ce devrait être l’inverse en fait.

Michael, souffrez-vous toujours du mal des simulateurs ?
Matt James, Royaume-Uni

Je n’en ai pas essayé récemment, je n’en ai pas eu l’occasion.

Si Bernie Ecclestone vous accordait trois vœux : quels seraient-ils ?
Mertol Shanin, Bulgarie

Je ne crois pas que Bernie m’offrira un truc un jour…J’ai une belle famille, je suis heureux, l’argent n’est pas un problème…Rien ne me vient à l’esprit, excepté peut-être qu’on me fournisse plus d’accréditations dans les paddocks.

Lequel de vos sept titres a-t-il eu la meilleure saveur pour vous ?

Définitivement celui que j’ai remporté en 2000. Après 21 années d’insuccès pour Ferrari et de mon côté 5 ans passés à lutter pour le titre avec la Scuderia, c’était un véritable aboutissement pour moi et pour toute l’équipe.

Schumi délivra les tifosi lors du GP du Japon 2000, décrochant (enfin !) le titre après 21 ans d’attente pour la Rossa et à la suite de 5 tentatives infructueuses et une jambe cassée.

F1 Racing n°165, Novembre 2012





Chronique Bruno Senna

30 09 2012

Dans cette chronique, Bruno Senna revient sur son début de saison avec Williams, sur ses relations et son futur avec l’équipe. Bruno évoque aussi ici les cours de conduite (!) qu’il suit avec assiduité, mais aussi le trophée Lorenzo Bandini, dont il vient d’être récemment lauréat, ainsi que sur l’héritage laissé par le célèbre pilote italien.

Bruno Senna sur…le déroulement de sa saison avec Williams

Cette année est vraiment dure pour moi. La courbe d’apprentissage est assez abrupte pour s’adapter aux pneus, et j’ai parfois galéré, surtout en qualif’. Ce fut difficile de réunir tous les bons ingrédients, mais à mesure que je gagne de l’expérience, je me sens de mieux en mieux à chaque course. Les quelques jours que j’ai passés en Italie plus tôt cette année m’ont rappelé à quel point j’étais un privilégié.

Sur…le trophée Lorenzo Bandini

J’ai été invité à Brisighella où j’étais nominé pour le Trophée Lorenzo Bandini, un prix attribué tous les ans à un jeune loup du sport auto. Les trois précédents lauréats étaient Nico Rosberg, Lewis Hamilton, et Sebastian Vettel, ce fut donc un véritable honneur d’y être présenté. Ce dont manque ma carrière jusqu’ici, ce sont les trophées, mais cette distinction témoigne de la foi que les gens ont en mon potentiel, et ça m’a réellement stimulé pour la seconde partie de la saison.

Lorenzo Bandini à bord de la Ferrari 312, lors du GP de France 1966, à Reims.

Lorenzo Bandini était adorable et un bon gars, et même si on voit des gens disparaitre dans notre sport, c’est bon de voir leur état d’esprit perdurer. Il est mort tragiquement lors d’un crash au GP de Monaco 1967, alors qu’il n’avait que 31 ans, mais sa sœur Gabriella assure la transmission de son héritage. J’ai eu le privilège de la rencontrer et elle s’est dite fière de me présenter à ce prix, étant une fervente admiratrice d’Ayrton.
Lorenzo pilotait des sportives telles des Ferrari, mais aussi des F1 la plupart des weekends de l’année, et il résumait à lui seul le style de vie italien. J’ai réalisé que j’étais une personne extrêmement privilégiée, car très peu de personnes ont la chance de faire ce qu’elles aiment dans la vie. Je vis un rêve éveillé, mais je veux atteindre les sommets dans la discipline, et je donne tout ce que j’ai pour y parvenir. Je vis la vie que j’ai toujours voulue : piloter une F1 et me mesurer aux meilleurs pilotes du monde. Et si je peux les battre, ce serait la cerise sur le gâteau.

Sur…sa vie au quotidien avec l’équipe Williams

Williams est une équipe très différente de toutes celles pour lesquelles j’ai eu l’occasion de piloter. Elle m’a donné la chance d’apprendre à l’abri de la pression – et ce genre d’environnement est difficile à trouver en F1. C’est une grande famille et tout le monde a le plus grand respect pour Frank. C’est le personnage central de l’écurie et une fois que vous avez fait sa connaissance, vous comprenez pourquoi. Vous pourriez penser qu’à cet âge il  profite de la vie et prend du bon temps, mais non : quand je discute avec lui, il souhaite toujours savoir comment se comporte la voiture et si on a des idées pour la rendre plus rapide.

Sur…son futur avec l’équipe

Cette année il n’y a pas d’alternative à l’expérience, mais si vous apprenez vite, vous ne pouvez que vous améliorer. Par le passé, j’ai peut-être trop favorisé la course au détriment des qualif’, mais je comprends maintenant l’importance de celles-ci. Malheureusement, j’ai dû céder cette saison le tiers de mes vendredi matin à notre 3e pilote, Valtteri Bottas. Normalement ce ne devrait pas être un problème, mais le roulage perdu est un handicap. Nous avons certes accès aux données de Valtteri, mais ça ne remplace pas le temps passé sur la piste.

Bien entouré. Malgré les diverses rumeurs d’un éventuel remplacement, Senna se sent de mieux en mieux chez Williams.

Sur…les cours de conduite de Mr. Wilson

J’ai aussi passé du temps auprès de l’instructeur légendaire Rob Wilson à Bruntingthorpe, près de Leicester, et ça m’a aidé à appréhender certaines bases de la conduite. Il ne s’agit pas d’apprendre à piloter, mais plus de comprendre les interactions entre le pneu et la piste. Mes ingénieurs s’y sont prêtés aussi et nous avons piloté toute une série de voitures de tourisme – tractions et propulsions – et le fait de faire attention aux moindres détails est une expérience inestimable. Rob est un peu une icône et il m’a beaucoup apporté.

F1 Racing n°164, Octobre 2012





Arrête de faire le Jacques ! Paroles de vieux briscards – GP de Singapour :)

24 09 2012

Ils sont la terreur des cabines de commentateurs. La crème de la crème du journalisme sportif. Le monde entier nous les envie (ou pas). Ils répandent la bonne parole du pinacle du sport auto. Modèles d’impartialité, d’analyse, et de finesse, les commentateurs de TF1 sévissent toutes les après-midi dominicales des GP de F1, et ce, pour notre plus grand plaisir. Morceaux choisis.

Pré-course

Christophe Malbranque :Alors Jacques Laffite, que doit faire Romain Grosjean pour effectuer un retour convaincant ?

Jacques Laffite :Romain Grosjean ? Bon…ben… il doit déjà terminer le 1er tour…

Radio Paddock : Mine de rien, notre pilote franco-suisse Romain Grosjean revenait ni plus ni moins d’une course de suspension, après avoir été impliqué dans huit accrochages lors des douze premiers départs de la saison. Perspicace, notre cher Jacques sur ce coup là !

—–

Jean-Louis Moncet :Nous sommes ici dans le sanctuaire…nous sommes dans le garage Ferrari‘.

Radio Paddock : Aaaah, la fameuse neutralité journalistique !

Mise en pré-grille

Christophe Malbranque :Katy Perry est là…Katy Perry…la chanteuse bien sûr…

Radio Paddock : Bon elle s’est enfin ramenée on va pouvoir lancer le départ, ouf ! Sinon, vous en connaissez une autre de Katy Perry ?

—–

Christophe Malbranque :Ce que les spectateurs ne savent pas, c’est que notre cabine de commentateurs est située à 1.50m de la voiture de Bruno Senna‘.

Radio Paddock : Christophe, t’en profiteras pour lui demander s’il a fait exprès de prendre cinq places de pénalité juste pour être plus proche de votre trio infernal au départ. 1.50m, et pourquoi pas sur la piste, dans un échappatoire t’en qu’on y est ?

Course

9e tour, Christophe Malbranque :Vettel a coupé le pif-paf‘.

Radio Paddock : Les journalistes F1 du paf ont décidément du pif (ne souriez pas elle n’est pas drôle celle-là).

—–

13e tour, Jean-Louis Moncet :Tous les mécaniciens de McLaren, qui ont effectué l’arrêt aux stands le plus rapide du monde, ont reçu comme cadeau une montre de la part de Tag Heuer‘.

Radio Paddock : Wouaaah ça vaut plus le coup que de jouer à Top-Position !!!

—–

30e tour, Christophe Malbranque :Il y a une distinction entre pneus supersoft et soft. Les premiers sont des pneus tendres, les seconds des pneus durs. Mais en fait, même les durs peuvent être considérés comme des tendres techniquement parlant. Il y en a juste un qui est super tendre, et l’autre juste tendre. On appelle aussi ces derniers les « primes », et les premiers cités les « options »… Vous n’avez rien compris ? C’est normal !

Radio Paddock : Merci Christophe pour cette analyse technique.

—–

38e tour, Christophe Malbranque :Vous croyez que la voiture de sécurité sera exposée au Mondial de l’automobile cette année ?

Radio Paddock : Oui, bien sûr, à côté de la 2CV.

—–

41e tour, Jean-Louis Moncet :Les freins de la Mercedes de Schumacher étaient hors températures, suite à la sortie prolongée de la Safety Car…euh…mais…Jacques ne me regardez pas méchamment comme ça enfin !

Jacques Laffite :Et ses freins il est pas capable de les maintenir en températures !!!

Radio Paddock : Maintenant, on le sait, Jacques Laffite fait régner la terreur en coulisse…





Hamilton détonne en Italie ! – Course – GP d’Italie

10 09 2012

Hamilton a remporté le GP d’Italie, dernière manche européenne du championnat, à Monza ce dimanche, et se replace idéalement dans la course pour le titre. Son coéquipier Jenson Button a du abandonné à 19 tours du but alors que Sergio Pérez a su préserver ses enveloppes pour finir 2e, juste devant Fernando Alonso auteur d’une remarquable remontée. Red Bull a vécu quant à elle une course sans, et doit constater son premier résultat vierge de la saison. Le résumé de la course.

Le début de course : Felipe Massa intercalé entre Hamilton et Button

Le départ se faisait sans encombre et on n’observait pas de court-circuit au niveau des deux premières chicanes. Massa prenait le meilleur sur Button, qui partait du côté sale de la piste, et tentait même l’extérieur sur Hamilton au premier tournant mais sans succès. Derrière, Alonso commençait déjà à refaire son retard en gagnant trois places lors du premier tour, à l’inverse de Nico Rosberg qui dégringolait en 10e position et de Mark Webber qui chutait à la 13e place.
A l’avant du peloton, Sebastian Vettel imprimait d’emblée un rythme effréné pour passer Michael Schumacher dès le 4e passage. Alonso lui emboitait le pas en se défaisant du septuple champion du monde trois boucles plus tard.
En tête de course, on constatait un statu quo avec Hamilton passant la ligne de chronométrage avec 2.6s d’avance sur Massa au 8e tour, ce dernier devançant Button.
Derrière, on assista à un remake de la faute de Romain Grosjean en Belgique, lorsque Paul di Resta se rabattit sur Bruno Senna à l’abord de la Variante della Roggia. Cependant, les torts étaient partagés dans cette affaire, di Resta n’ayant certes pas suffisamment prêté attention à ses rétroviseurs et Senna tentant un freinage tardif par l’extérieur assez optimiste alors que le virage était pour l’Écossais. Avertissement sans frais avec un beau tout droit du pilote Williams à la chicane, suivi d’un retour en piste dangereux en coupant la trajectoire d’un Webber arrivant pleine bourre derrière lui…
Plus loin dans la hiérarchie, Jean-Éric Vergne sortait spectaculairement de la piste au 10e tour, victime d’une rupture de suspension au premier gauche-droite. La Toro Rosso du Français, devenue incontrôlable à une vitesse de 300km/h, se retrouva en perdition et en travers à l’entrée de la chicane et percuta violemment le vibreur intérieur, décollant littéralement pour finir sa course quelques mètres plus loin. Là encore, le natif de Pontoise s’en tire simplement avec quelques douleurs au dos suite à l’impact vertical subi à l’atterrissage.
A l’approche des premiers arrêts, Hamilton poursuivait sa course en solitaire, suivi de Massa qui bouchonnait Button.

Red Bull donne des ailes ! Jean-Éric Vergne s’est fait peur suite à cette terrible sortie de piste.

Les premiers pitstops

Rosberg était le premier à passer par la case stand au 15e tour, alors que devant le classement semblait bien établi, avec Hamilton profitant de l’aubaine Massa, suivi de Button, Vettel 4e et Alonso déjà 5e. Le « bouchon Massa« , dont la perte des données télémétriques laissa le garage Ferrari dans l’expectative, finissait finalement par sauter au 19e tour, et fut le signal clair que les pneus medium commençait à se détériorer. La plupart des leaders semblait se diriger vers une stratégie à un seul arrêt, troquant ainsi leurs pneus medium contre des durs.

Trouble fait…de voir Massa jouer les troubles-fêtes. Le Brésilien s’est rappeler aux souvenirs de tous à Monza.

Pastor Maldonado faisait tomber les meilleurs tours les uns après les autres suite à son changement de pneus, bénéficiant d’une piste libre devant lui. Vettel passait Alonso dans les stands au tour 21 et enclenchait une remontée sur Massa 3e. Le leader Hamilton rentrait bien aux stands au 24e tour, mais ce sont les deux leaders du championnat qui taillaient la route pour refaire une partie de leur retard, passant successivement Daniel Ricciardo puis Senna. Alonso opéra ensuite une manœuvre très osée, tentant de faire l’extérieur à Vettel pour le gain de la 5e place dans la grande courbe rapide précédant la Variante della Roggia. Vettel le serra sans ménagement, forçant le pilote espagnol à mettre les quatre roues dans l’herbe et a joué d’habilité pour conserver la maitrise de son pur-sang. Cette action dangereuse de la part du double champion du monde en titre ne resta pas longtemps impunie, Vettel subissant une double peine en se faisant déposer par Alonso au 29e tour et en écopant d’une pénalité drive through trois boucles plus tard.
On peut remarquer ici un certain parti pris en faveur de la Scuderia, surtout lorsque l’on sait qu’Alonso avait adopté le même comportement l’année dernière, face au même adversaire, strictement au même endroit, et n’avait aucunement été pénalisé, ce qui n’avait cependant pas empêché Vettel de poursuivre bille en tête sa manœuvre avec deux roues hors piste et au final prendre l’avantage. Il faut dire que nous étions aujourd’hui sur les terres de Ferrari avec un commissaire de course italien : Emanuele Pirro, ancien pilote de F1 entre 1989 et 1991.
En haut de la hiérarchie, Sergio Pérez était un bref leader avant d’effectuer son arrêt au 30e tour, après avoir une nouvelle fois fait étale de son talent ainsi que celui de sa Sauber dans l’économie de ses pneus. A noter que le Mexicain était le seul des pilotes de tête à avoir opté pour une stratégie inversée, à savoir pneus durs dans le premier relai puis pneus medium dans le second.

Rude(s) bataille(s) dans le peloton

McLaren semblait dès lors s’acheminer vers un doublé facile en terres italiennes. Mais il n’en fut rien et les ennuis commencèrent lorsque Button du se ranger sur le bas côté de la piste à l’abord de la Parabolica, en raison d’une pompe à carburant en panne. Les deux Ferrari s’installaient alors sur le podium virtuel, avec Massa 2e mais disposé à laisser passer son équipier Alonso.

Kimi et Sergio ont assuré le spectacle dans le peloton.

Derrière, Kimi Räikkönen et Pérez se livraient à une véritable bataille de chiffonniers au 36e passage pour l’obtention de la 5e place, le dernier cité prenant l’ascendant à la deuxième chicane, mais Kimi lui rendant immédiatement la monnaie de sa pièce avant d’entrer dans les deux Lesmo. Pérez passait définitivement au tour suivant à la première chicane en faisant l’extérieur.
Vettel revenait lui du diable Vauvert et passait son coéquipier Webber au 38e tour. Dans le même temps, Rosberg se débarrassait de Räikkönen, en délicatesse avec ses gommes.

La fin de course : une hécatombe doublée d’une sublime charge de Pérez

Par ailleurs, Massa laissait Alonso prendre tranquillement l’avantage via l’utilisation du DRS au 40e tour, alors que Pérez revenait comme un boulet de canon avec ses gommes tendres, à raison de 1 à 1.5s au tour, et établit le contact dès le 42e passage avec les deux Ferrari. Massa ne put résister et fut doublé au tour suivant, et Alonso subissait le même sort trois boucles plus tard.
Avec un rythme de 1.5s plus rapide qu’Hamilton, 11 secondes d’écart et 7 tours restants, Pérez se lançait dans une dernière charge afin de faire tomber le roi Hamilton de son trône. Las, ce dernier ne tarda pas à hausser le ton pour parer à toute éventualité malgré le gouffre qui le séparait du pilote Sauber.

A pied. Vettel a du descendre de son taureau rouge dans ce rodéo italien.

Plus loin, Vettel était subitement coupé dans son élan et devait se retirer de la course sous les ordres de son ingénieur de course Guillaume Rocquelin : une sérieuse anomalie au niveau de l’alternateur venait apparemment d’être détectée et il fut demandé au pilote allemand de préserver son moteur en vue des prochaines échéances. Webber de son côté, fut sans doute informé de ce bris mécanique et reçu comme consigne de lever le pied afin de ne pas subir le même sort que son équipier. Mais pour lui aussi la situation se dégrada rapidement, l’Australien voyant Schumacher n’en faire qu’une bouchée avant de se louper complétement à la sortie de la chicane rapide d’Ascari au 50e tour, puis d’abandonner, en même temps que Nico Hulkenberg à deux tours du drapeau à damiers.

Seul aux commandes depuis le début de la course, Hamilton s’impose donc logiquement à Monza après avoir déroulé tout l’après-midi sans jamais n’avoir été réellement inquiété. Le Britannique signe ici la troisième victoire de rang de McLaren. Pérez, en dépit de tous ses efforts doit se contenter d’une très belle 2e place et décroche ainsi son troisième podium de la saison. Les Ferrari finissent quant à elles en formation, 3e et 4e, Alonso réalisant une nouvelle fois la bonne opération au championnat en creusant l’écart avec maintenant 37 points d’avance sur le 2e au général.
Räikkönen finit 5e et prend la 3e place au championnat pilote, alors que Schumacher termine 6e et premier des pilotes calés sur une stratégie à deux arrêts. Son coéquipier Rosberg arrive juste derrière en 7e position, Paul di Resta bouclant ce GP 8e, suivi par Kamui Kobayashi et de Senna qui s’empare du dernier point pour Williams.

Meilleur tour : Nico Rosberg, Mercedes, 1:27.239

Red Bull Racing déplore quant à elle son premier zéro pointé et double abandon de la saison, et voit fondre son avance face à McLaren comme neige au soleil, cette dernière qui aurait d’ailleurs pu charger davantage la mule si Button n’avait pas abandonné en fin de course. Ce dernier a d’ailleurs sans doute dit adieu hier à ses espoirs de titre, relégué à présent à 78 points d’Alonso (soit plus de trois victoires à sept courses du terme de la saison).
Au classement constructeurs, on se dirige vraisemblablement vers un duel entre Red Bull et McLaren, l’écurie anglaise se rapprochant à 29 petites unités de sa consœur autrichienne.





Jacques a dit… l’avis personnel de Jacques Villeneuve sur l’actualité F1

28 08 2012

Felipe, n°2 par défaut ?

Alors, que compte faire Ferrari pour seconder Fernando Alonso en 2013 ? Conserver Felipe selon moi : c’est l’option la plus sûre pour le moment. Actuellement, ils ont une bonne équipe où Alonso se sent à l’aise, gagne des courses et mène le championnat – ont-ils donc vraiment intérêt à ajouter une dose d’incertitude ? Veulent-ils risquer de rompre cet équilibre ?
Il faut voir ce qui est le mieux pour l’équipe, et depuis qu’Alonso est au top, il est préférable que rien ne vienne troubler cette harmonie car au final, tout ce que Ferrari veut c’est gagner le championnat – peu importe comment.
C’est comme s’ils ne se focalisaient que sur un pilote pour remporter le titre, en ne faisant pas davantage attention aux résultats des autres pilotes. Je ne pense pas qu’ils voulaient à la base avoir un pilote numéro et numéro deux, mais le sort a bien fait les choses.
Je pense que Mark Webber aurait été une bonne option, mais il a signé un contrat d’un an supplémentaire avec Red Bull. J’ai été surpris que Ferrari l’ait approché vu ce qu’il a donné en 2011, mais il est vraiment mieux cette année et la voiture semble plus adaptée à son style de pilotage qu’à celui de Vettel. Webber est vraiment un autre pilote cette saison.

Felipe Massa restera t-il dans le second baquet Ferrari en 2013 ?

Alors, quelle porte de sortie pour la Rossa ? Doit-elle miser sur un jeune pilote ? Et quels sont les desiderata respectifs de Sergio Pérez, Paul di Resta et Nico Hülkenberg ? Tant qu’ils n’auront pas donné le change à un gars comme Alonso, impossible de juger. Ils roulent bien, mais mettez les dans une bonne F1 à côté d’un vainqueur de GP et on verra de quoi ils sont réellement capables. Quand un gars n’est plus un simple outsider et doit gagner, son état d’esprit change du tout au tout.
Auparavant, d’autres pilotes ont bien performé dans le ventre mou du peloton, mais dès qu’ils ont rejoint un top team, la pression a été trop forte et ils se sont écroulés. C’est donc difficile pour la Scuderia d’envisager autre chose que de conserver son duo actuel.

Un pitstop ultrarapide

En deux temps trois mouvements. McLaren a fait l’arrêt le plus rapide en 2012 jusqu’ici, mais aussi quelques bourdes.

J’ai vu qu’au GP d’Allemagne McLaren a réalisé un arrêt de 2.4 secondes – le plus rapide de l’année jusqu’ici. C’était juste un truc de dingue, mais la saison avançant, ils sont bien capables d’aller encore plus vite.
Ce serait une autre paire de manche s’il n’y avait que quatre gars autour de l’auto, mais avec tous ces mécanos, la machine est bien huilée : impressionnant. Dommage que lorsqu’ils se loupent, ils perdent tellement de temps.
Lewis a souffert de mauvais pitstops, et il est constamment victime des erreurs des autres – ce qui est injuste quand on voit comment il s’est amélioré en 2012. Mais d’une année à l’autre, ses performances sont en dents de scie. Cette saison il semble plus concentré, mais par le passé il a été trop agressif et a commis des erreurs. Il est toujours vite, mais tout vient de sa façon de pensée, qui peut varier grandement. C’est un peu étrange et c’est sur quoi il doit travailler.

A nouveau de retour en piste

Là, je remplace Greg Murphy, blessé, sur certaines courses de V8 Supercars. Les autos sont piégeuses : elles ont un diff’ bloqué plutôt qu’un lambda : il faut donc délester la roue arrière située du côté du virage pour faire tourner l’auto. Ca craque juste quand vous remettez les gaz – comme un kart. C’est un défi, mais une bonne expérience.

Jacques Villeneuve s’essaie actuellement au V8 Supercars en Australie.

F1 Racing n°163, Septembre 2012








%d blogueurs aiment cette page :