Interview James Key

5 03 2013

Le nouveau Directeur Technique de Toro Rosso – ex-Sauber et Force India – revient ici sur la difficulté de remplacer l’emblématique Giorgio Ascanelli

Ça fait plaisir de vous revoir arpenter le paddock avec STR. Comment ça s’est décidé ?

James Key peut être satisfait du travail accompli jusqu'ici avec Sauber.

James Key peut être satisfait du travail accompli jusqu’ici avec Toro Rosso.

Ça s’est goupillé à la dernière minute pour être honnête. J’avais déjà une idée en tête et puis l’équipe m’a contacté. Les pourparlers avec les personnes impliquées ont été rondement menés, la volonté de Toro Rosso étant de passer la vitesse supérieure en termes de résultats. Je trouve ce genre de défi encore plus intéressant que d’œuvrer pour une écurie de pointe. Je dois dire que j’ai été impressionné par les infrastructures de Faenza – plus grandes que ce que j’imaginais. Après avoir pesé le pour et le contre et en avoir discuté avec ma femme, je me suis lancé. Il y a beaucoup de pression, mais l’ambiance est positive, ce qui est très stimulant.

Vous débarquez de chez Sauber. Quels parallèles pouvez-vous établir entre les deux teams ?

Ils sont assez similaires. Il s’agit de la troisième équipe pour laquelle je travaille (auparavant, Key a aussi travaillé pour Force India), et je dois dire qu’elles ont chacune leurs petites différences. Mais pour avoir travaillé dans trois pays différents – ce qui est difficile en F1 – il y a évidemment des disparités culturelles. Les problématiques ne sont pas les mêmes chez Toro Rosso que chez Sauber, mais en termes de ressources, notamment humaines et matérielles, mon sentiment est que STR a une petite longueur d’avance. Ils ont un bon niveau au regard de la taille de l’équipe, mais on ne peut pas en dire autant de tous leurs départements, et c’est ce sur quoi nous devons travailler.

Vous vivez en Italie ?

Eh bien, notre soufflerie et notre département aéro étant localisés à Bicester, en Angleterre, je ne passe qu’environ deux tiers de mon temps à Faenza. Je vais partir vivre en Italie, mais ma famille va rester au Royaume-Uni. On est habitué et on apprécie ce mode de vie itinérant, ma famille s’étant déjà installée par le passé en Suisse.

Quand on prend ses fonctions de directeur technique, y-a-t-il d’emblée des domaines dans lesquels on sait qu’on doit agir ?

Oui, on a une sorte de check-list assez théorique, mais qui évolue une fois sur le terrain. Le fait d’arriver en Septembre a été délicat pour moi, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le championnat était déjà bien entamé, on était donc un peu court niveau développement. Ensuite, bien que la conception de la voiture 2013 soit déjà bien avancée, je pouvais encore apporter quelques modifications, mais il fallait faire vite. Enfin, mon emploi du temps était partagé entre les dernières courses de la saison et la visite des usines en Italie. Ce fut donc le rush lors de mon premier mois, et je m’en suis sorti comme je pouvais – en adaptant ma check-list, par exemple. Un autre point important est de faire la connaissance de ses nouveaux collègues et de découvrir la culture de l’équipe, ce qui est crucial, surtout dans une petite entité. C’est quelque chose qui ne peut être appréhendé qu’une fois intégré le team. Ce n’est qu’à ce moment là qu’on peut dire que telle personne est à la bonne place ou non. Mais quand vous entrez en fonction, il y a un certain nombre de connaissances obligées : où en est-on au niveau aéro ? Au niveau simulation ? Pour 2014 ? Quelle approche est privilégiée pour le dessin des suspensions ?

Êtes-vous donc satisfait du travail effectué par le team sur la voiture de 2013 ?

Oui, au niveau mécanique, nous sommes en bien meilleure posture qu’en 2012. Si je serais arrive plus tôt dans l’équipe, j’aurais adopté la même approche. Certes j’aurais aussi abordé certains points d’une autre manière, mais fondamentalement nous nous retrouvons au niveau du design final. Je pense qu’on s’en tire bien jusqu’à présent.

Vous avez dit que l’équipe avait du potentiel. Mais à quel point ?

Il y a certainement une limite : plus vous vous rapprochez de l’excellence, plus il est difficile de progresser. Nous restons une jeune équipe, ce que peu de gens ont à l’esprit. Bien que nous soyons issus de feu l’écurie Minardi, nos infrastructures se sont développées rapidement ces trois dernières années. Il y a beaucoup d’enthousiasme et de bonne volonté, mais il faut que nous soyons davantage soudés afin de fonctionner en véritable équipe et non pas en un assemblage de différents départements. Ce n’est pas une critique, mais un conseil pour une écurie en pleine structuration. Niveau voiture, on est déjà bien mieux qu’en 2012. On a ainsi un certain nombre d’axes de développement à suivre, notamment en termes d’aérodynamique, mais cela prendra un peu de temps.

F1 Racing n°168, Février 2013

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Interview Narain Karthikeyan

23 10 2012

A moins d’une semaine de la seconde édition du GP d’Inde, nous avons passé quelques instants avec le pilote HRT pour savoir où en était son écurie, et parler de l’effet que ça fait d’être le seul pilote indien en F1…

Comment se déroule votre saison avec HRT et vos relations avec Pedro de la Rosa ?

Pedro est très expérimenté, c’est un pilote rapide et un type adorable : on s’entend bien ensemble. Revenir en F1 l’année dernière après une si longue absence fut difficile, à plus forte raison que l’équipe était dans une situation financière délicate. Cette année, on est toujours nulle part, mais les choses vont dans le bon sens. La nouvelle direction a donné la priorité à la voiture, et la nouvelle usine n’a rien à envier à celle de Force India. Le but est d’attirer les meilleurs éléments et faire des progrès.

Avez-vous un contrat avec HRT pour l’an prochain ?

Pedro de la Rosa est un bon point de repère pour Karthy (1er plan).

Non. L’équipe a bien sûr une option sur moi et je souhaite rester, mais attendons de voir. Je me sens chez moi ici ; je connais bien les gens et si je continue d’assurer et que nous sommes toujours soutenus par l’Inde – pas seulement financièrement, mais aussi au niveau technique – nous essayerons de faire quelque chose ensemble et j’espère que je resterai.

Qu’entendez-vous par soutien technique ?

L’industrie du carbone est maintenant développée en Inde. Le coût du travail est plus élevé en Europe qu’en Inde, où cela revient moins cher de produire un aileron ou tout autre élément carbone. On est donc dans ce schéma et on essaie d’obtenir le support technique de Tata. Ils détiennent l’un des superordinateurs les plus puissants au monde, il est peut-être possible qu’on l’utilise pour la CFD ou ce genre de chose. L’Inde est un leader dans les TIC, il y a donc des possibilités à ce niveau. On fera en sorte de boucler tout ça, ce qui nous facilitera la tâche à l’avenir.

Vous avez grandi à Coimbatore,  qui est un peu la vallée de l’automobile en Inde, c’est exact ?

C’est exact, d’ailleurs une entreprise nommée Jayem Automotive vient de réaliser un joint-venture avec Dallara pour produire des F3 de 220cv ; les Etios Series seront aussi les plus rapides d’Asie, Japon compris. Celles-ci seront financées par MRF, le plus grand manufacturier de pneus en Inde, et elles faciliteront l’émergence de jeunes talents indiens. Entre l’époque où j’ai fait mes débuts en karting et aujourd’hui, c’est un peu le jour et la nuit.

La F1 a-t-elle donc un avenir en Inde après Narain Karthikeyan et Karun Chandhok ?

Ça prendra du temps, mais regardez le Mexique. Les frères Rodríguez étaient les derniers Mexicains à s’être imposés en F1, avant que Sergio Pérez ne fasse son trou 30 ans plus tard. Le Mexique a eu de bonnes infrastructures pendant longtemps ; de bons circuits, une bonne formule monoplace etc. Mais regardez le temps que ça a pris de ramener un Mexicain en F1.
L’Inde appréhende différemment la F1 depuis le GP de l’année dernière. La Chine n’a elle pas encore produit un pilote digne de ce nom, en dépit du fait qu’elle investisse énormément, et qu’elle détienne une meilleure visibilité que l’Inde. Je suis sûr que de notre côté une nouvelle génération de jeunes pétris de talents est sur les rangs.

Quelle est l’intérêt de développer le sport auto en Inde ?

La F1 est un sport très en vue et c’est une période très excitante pour les jeunes pilotes indiens. Mais au final, le pays est encore assez pauvre et nous avons besoin du soutien du public. Le cricket s’accapare la plupart du sponsoring, ça ne va donc pas être facile.

Karthy fut le seul indien à prendre part à la course l’an passé, damant le pion à Chandhok.

Ça vous a fait quoi de participer au premier GP d’Inde en 2011 ?

Pour une première, c’était fantastique. C’était à guichets fermés, donc bondé. Les spectateurs étaient enthousiastes et même si je n’ai fini qu’à la 17e place, j’étais devant mon coéquipier, Daniel Ricciardo, et on a tous les deux fini devant Jarno Trulli. On a apporté des améliorations sur l’auto à Singapour cette année, on espère donc être davantage compétitif en Inde que l’an passé.

Ça a du faire drôle quand même…

Même dans mes rêves je n’aurais osé imaginer qu’un jour dans ma vie soit organisé un GP en Inde. Mais Jaypee, un fond d’investissement privé, a fait du bon boulot et a injecté beaucoup d’argent dans ce projet. Ils ont créé un événement formidable pour nous.

Evaluer ses progrès est-il plus difficile quand on fait partie d’une des plus petites équipes du plateau ?

C’est vraiment dur. J’ai fait une belle course à Monaco cette année – mais je n’ai fini que 15e, notre meilleur résultat jusqu’ici. Pedro est un bon point de repère, et le fait de le battre en qualif’ ou en course signifie généralement que j’ai fait du bon travail. Les Marussia sont un peu devant, mais notre rythme de course nous permet de rivaliser et on essaie de les battre : c’est une source de motivation. Je suis heureux d’être en F1, et je pense que c’est important que d’autres jeunes pilotes indiens aspirent à la F1. Ils ont besoin de référence, mais c’est très compliqué et il faut tout donner. Je suis ravi d’être ici, et même si je sais que nous ne disposons pas de la meilleure voiture, ça reste une F1 après tout. C’est mieux que d’être en Nascar Trucks…

Les Marussia constituent les adversaires directs des HRT cette saison. Avec encore un léger avantage pour l’équipe russe.

F1 Racing n°165, Novembre 2012





Hamilton et McLaren supersoniques à Monza ! – Qualifications – GP d’Italie

8 09 2012

Lewis Hamilton a décroché ce samedi la 23e pole position de sa carrière, sa 4e de l’année, sur l’autodrome de Monza. Il sera accompagné sur la première ligne par son coéquipier Jenson Button. Il s’agit là de la 63e première ligne 100% McLaren de l’histoire, un nouveau record pour l’écurie de Woking. Felipe Massa surclasse lui pour la première fois de la saison Fernando Alonso et vient compléter le podium des qualifications.

Q1

Comme à l’accoutumée, nous retrouvons ici les trois équipes abonnées du fond de grille, à savoir Caterham, Marussia et HRT. Il est cependant intéressant de noter que Narain Karthikeyan fait mieux que son très expérimenté équipier Pedro de la Rosa, alors que chez Marussia la lutte continue à faire rage entre Charles Pic et Timo Glock, et où c’est l’Allemand qui s’impose pour la seconde fois d’affilée dans l’exercice des qualifications.
Du côté de Caterham, c’est Heikki Kovalainen qui prend une nouvelle fois l’ascendant sur Vitaly Petrov, alors que les écarts entre les trois écuries de bas de classement ne cessent de se réduire : en effet, à peine plus d’une demi-seconde sépare le temps de Petrov (1:26.887), de celui de Karthikeyan (1:27.441).
Quant au dernier pilote bloqué en Q1, il s’agit de Nico Hulkenberg, qui a vu l’ensemble de son sélecteur de vitesses rendre l’âme dès son premier tour lancé et n’a donc par conséquent pu boucler le moindre tour.

Q2

Tous les regards étaient dès lors tournés vers Jérôme d’Ambrosio lors de cette deuxième partie des qualifications. Le Belge, remplaçant au pied levé Romain Grosjean, avait senti le souffle du boulet dès la Q1 où il n’avait devancé Kovalainen que de cinq petits dixièmes pour composter finalement son ticket pour la Q2. Celui-ci s’intercale finalement entre les Toro Rosso en 15e position, qui ont une nouvelle fois souffert d’un manque de vélocité dans le temple de la vitesse de Monza.

Maldonado paye très cher son comportement en Belgique en reculant de 10 places sur la grille.

Le Belge a ainsi bouclé un tour de sept dixièmes de seconde plus lent que celui de son équipier Kimi Räikkönen, ce qui n’est pas spécialement énorme au vue du déficit de roulage que celui-ci accuse (le pilote essayeur Lotus n’a pris part à aucun des séances d’essais du vendredi matin, et n’a réellement roulé que lors des tests organisés au Mugello début Mai).
Les Williams de Pastor Maldonado et Bruno Senna se positionnent quant à elles respectivement en 12e et 14e place, mais le Vénézuélien devra s’acquitter de sa pénalité de 10 places sur la grille (pour départ anticipé suivi d’un accident provoqué avec Glock à Spa), le rétrogradant de fait en 22e position pour la course.
Enfin, Sergio Pérez signe le 12e temps alors que Mark Webber se retrouve scotché en Q2 pour la seconde fois en trois weekends.

Q3

McLaren confirme ici sa bonne forme du moment en engrangeant une troisième pole position de rang et en monopolisant la première ligne. L’écurie anglaise a survolé la Q3 et n’a pas eu à souffrir de la concurrence d’Alonso qui termine bon dernier de la séance après n’avoir pu tiré la quintessence de son bolide en raison d’une barre anti-roulis défaillante. Plus surprenant, Massa signe le 3e temps et sera le porte-étendard de la Scuderia sur ses terres pour le GP. Derrière lui, Paul di Resta a réalisé une qualif’ de toute beauté qui lui a valu une très belle 4e place, mais qui se transformera en 9e demain suite à une pénalité pour changement de boite de vitesses. C’est la deuxième fois ce weekend que Force India rencontre des problèmes à ce niveau suite aux soucis d’Hulkenberg en Q1.
Les Mercedes de leur côté finissent 4et 6e, encerclant le poleman 2011 de l’épreuve italienne Sebastian Vettel, qui n’a pu faire preuve de la même ingéniosité que l’année dernière en étalonnant sa boite de vitesses sur des rapports courts pour compenser le manque de puissance du V8 Renault.
Ledit manque de puissance constitue sans doute aussi la raison principale de la contre-performance de Räikkönen, 7e, qui pourra toujours se consoler en se disant qu’il devance le leader  du championnat Fernando Alonso. Kamui Kobayashi ramène quant à lui la 8e place pour Sauber.





Mercedes résout le casse-tête chinois ! – Course – GP de Chine

15 04 2012

Enfin ! Après 111 courses d’attente, Nico Rosberg remporte sa première course en F1 après avoir mené pour ainsi dire de bout en bout le GP de Chine. Pour Mercedes, c’est une première victoire depuis 1955 et le soulagement de voir ses problèmes de pneus résolus. En effet, point d’interrogation hier à la suite des qualifications, la W03 a non seulement effectué un véritable bon en avant dans ce domaine, mais s’est en outre payée le luxe de réaliser un pit-stop de moins que ses adversaires directs, les McLaren de Jenson Button et Lewis Hamilton, qui complètent le podium.

Le début de course

On aurait pu craindre que le stress de partir pour la première fois depuis la première place de la grille allait compromettre le départ de Rosberg, mais c’est finalement Kamui Kobayashi, 3e sur la grille, qui éprouvait le plus de difficultés à s’arracher de sa stalle de départ. Le Japonais perdait de nombreuses places à la suite du premier enchainement, au contraire de Button qui surgissait de la 5e position pour s’emparer dans les premiers hectomètres de course de la 3e place, dans les échappements de Michael Schumacher. Sebastian Vettel de son côté, en dépit de pneus tendres et d’un départ sur la partie propre de la piste, dégringolait de la 11e à la 14e place.

Les voitures équipées de moteur Mercedes auront globalement survolé la course.

Le fils de Keke Rosberg imprimait d’emblée le même rythme des qualifications, reléguant à environ une demie-seconde par tour son multiple champion du monde d’équipier. La grande question était alors de savoir si les Mercedes allaient tenir ce tempo tout au long de la course. Il ne fallut pas attendre plus tard que les premiers arrêts aux stands pour avoir la réponse : les McLaren stoppaient aux alentours du 12e tour alors que Rosberg opérait son premier pit-stop trois passages plus tard, au 15e tour : la firme à l’étoile avait trouvé la clé à ses problèmes de pneumatiques !
Malheureusement pour Schumacher, ledit premier arrêt lui fut fatal, eu égard à un écrou de roue mal fixé sur la roue avant droite. L’Allemand regagnait les stands et s’enquérait le plus vite possible des performances de son coéquipier Nico.

Mercedes : le grand bon en avant

Dès lors, la plus grande menace pour Rosberg semblait être Jenson Button, à l’affut et réputé pour sa capacité à gérer ses pneus.

Mercedes a enfin réussi à maitriser l'usure des Pirelli, et de quelle manière !

Ayant à l’esprit le scénario du GP de Chine 2011, où la stratégie victorieuse s’était avérée être celle à 3 arrêts (Hamilton, munis de gommes neuves, avait pris ainsi le dessus sur Vettel, dont les pneus se désagrégeaient, à trois tours du but), Button, Hamilton et Webber appliquèrent une stratégie à trois pit-stops, pensant que Mercedes allait faire de même.
Mais c’était omettre que le climat cette année était bien plus frais, et que le tracé chinois n’allait pas être aussi exigeant que l’an passé. Le fait que Rosberg repartait dès son premier passage par les stands en pneus médiums aurait pourtant du mettre la puce à l’oreille des écuries McLaren et Red Bull, qui elles avaient rechaussé des pneus tendres pour un relai supplémentaire.

Les poursuivants de Rosberg s’engluèrent de facto dans le trafic, et plus particulièrement derrière Felipe Massa et Sergio Perez, un temps à la première place, perdant un terrain considérable. De son côté, le pilote Mercedes rescapé économisait ses pneus en n’ayant à se bagarrer avec personne, jouissant d’une fenêtre de température d’utilisation des pneumatiques optimale (23°, comme les qualifications de la veille). Pas même le fait d’avoir chaussé une gamme plus dure et donc moins abrasive ne l’affecta, le stratège de Mercedes Ross Brawn rappelant au bon souvenir de tous que Pirelli avait resserré les différentiels de performances entre les différentes gammes qu’elle proposait cette saison.
Tous ces facteurs rassemblés permettaient à Rosberg de se maintenir sur une stratégie à deux arrêts, qui devint évidente aux yeux de tous lorsque celui-ci entrepris son second pit-stop au 35e tour et remontait des pneus médiums, alors que Button devait patienter jusqu’au 40e tour pour réaliser son troisième et dernier arrêt.

Preuve que la stratégie payante était l’inverse de celle de l’année dernière : la très belle remontée de Vettel qui, un temps 14e, se fraya un chemin jusqu’à la deuxième place jusqu’à quelques encablures de l’arrivée. Las, le double champion du monde ne disposait au contraire de Rosberg d’aucune marge d’erreur, et lorsque ses pneus se dégradèrent, le pilote Red Bull ne put contenir la pression des deux McLaren et de son équipier Mark Webber, tous trois le passant à quelques tours de l’arrivée. Ce baroud d’honneur aura eu au moins le mérite de certifier que le rythme de course de la RB8 est bien meilleur que sa rapidité sur un seul tour lancé.
Car, outre la stratégie à deux arrêts, c’est bien le timing du second pit-stop qui importa durant cette épreuve : réaliser deux arrêts oui, mais réaliser le dernier arrêt suffisamment tard pour conserver un rythme de course décent jusqu’à la fin du GP.

Vettel, malgré une belle remontée, aura souffert sur la fin de course, chutant de 3 places lors des derniers tours.

En témoigne Kimi Raïkkönen, qui connut une fin de course pire encore que celle de Vettel. Le Finlandais, qui évolua aussi durant un moment à la deuxième place, avait axé sa stratégie sur deux arrêts mais avait effectué son dernier passage par les stands bien trop tôt pour préserver ses gommes jusqu’au drapeau à damier.
Iceman se vit alors rejeter au fil des tours hors des points, pour terminer sa course à une distante 14e place. Son coéquipier, Romain Grosjean, sur deux arrêts, faisait lui le chemin inverse pour finir en trombe la course à une probante 6e place, et pour marquer ses premiers points dans la discipline, près de trois ans après ses débuts.

Grosjean a inscrit les premiers points de sa carrière F1 en Chine.

Un peu plus loin dans le peloton, Williams confirme sa bonne forme du moment et affirme elle aussi sa rapidité sur toute une course en supplantant Ferrari, Sauber et Force India, et démontre aussi qu’elle peut compter sur un rythme de course meilleur que la moyenne. En effet, l’écurie de Grove, 7e force des qualifications (Pastor Maldonado et Bruno Senna ont trusté la 7e ligne), est devenu ni plus ni moins la 4e force du plateau en enlevant les 7e et 8e places lors de la course.
Plus bas dans le classement, Sauber ne peut rééditer le même exploit qu’en Malaisie, Kobayashi terminant 10e et Perez 11e. Massa résorbe une partie du retard qui le sépare d’Alonso (9e de la course), mais ce n’est toujours pas suffisant pour intégrer le top 10. Le Brésilien finit à la 13e place, à seulement cinq secondes de son coéquipier espagnol.
Les Force India et les Toro Rosso ont quant à elles complètement manqué leur weekend chinois, en terminant hors des points, alors que Caterham, Marussia et HRT ferment comme à leur habitude la marche. Chez Toro Rosso, les modifications apportées sur la voiture ont été contreproductives, à tel point que Jean-Éric Vergne a souhaité revenir à l’ancienne spécification de sa voiture. Bien lui en a pris : le Français a terminé devant son coéquipier Daniel Ricciardo en course !

Un championnat qui s’annonce très disputé

Cette victoire au GP de Chine représente la dixième en F1 du constructeur de Stuttgart, la première depuis 1955 ! Du point de vue du championnat, Hamilton se hisse en tête du classement, prouvant que la régularité sera à n’en pas douter la clé du succès cette saison, à plus forte raison quand on constate que trois pilotes et trois équipes différentes se sont partagés les trois premières courses de la saison.
Mercedes fait à présent figure de prétendante au titre, étant donné qu’elle a non seulement réussi à résoudre ses problèmes de pneumatiques, mais qu’elle a vu aussi son F-duct passif validé pour de bon par la FIA ce weekend.

Enfin, pour faire suite à notre article traitant du GP de Bahreïn, ce dernier a été officialisé ce weekend par la FIA, qui n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet. A l’annonce du maintien du GP, les violences ont repris de plus belle dans le petit îlot du golfe Persique. Il ne reste plus qu’à espérer que ce prochain GP ne fasse pas de victime, de quelque bord que ce soit…

Meilleur tour : Kamui Kobayashi, Sauber C31 : 1:39.960





1ère pole position d’une Mercedes depuis le GP d’Italie 1955 ! – Qualifications – Grand Prix de Chine

14 04 2012

Nico Rosberg a décroché ce samedi la première pole position de sa carrière, et a ainsi comblé ce qui semblait de plus en plus être une lacune de palmarès au regard de sa très bonne réputation. L’Allemand aura en effet du attendre pas moins de six années pour voir ses efforts récompensés. Mais cette attente n’est rien en comparaison du laps de temps qui a séparé les deux dernières poles de Mercedes en F1 : la firme à l’étoile a ainsi mis fin à une disette de 57 ans, la dernière pole position arrachée par l’écurie de Stuttgart remontant au GP d’Italie 1955, signée par Juan-Manuel Fangio !

Les résultats

Mais Mercedes ne s’est pas contentée de placer l’un de ses pilotes en pole aujourd’hui, elle profite aussi de la pénalité de 5 places de retrait sur la grille infligée à Lewis Hamilton, en raison du changement de sa boite de vitesses, pour monopoliser la première ligne avec Michael Schumacher en deuxième position !
Kamui Kobayashi confirme quant à lui la bonne passe de l’équipe Sauber en signant le 4e chrono, qui se mouvera en 3e place demain sur la grille. Kimi Raïkkönen est un très prometteur 4e, alors que Mark Webber se retrouvera intercalé entre les deux McLaren demain sur la grille. Dans la droite lignée du GP de Malaisie, Fernando Alonso et Sergio Perez ne se lâche pas d’une semelle, mais le Mexicain a cette fois-ci pris le dessus sur son adversaire ibérique.
Plus bas dans la hiérarchie, on peut constater la contreperformance de Sebastian Vettel, qui échoue aux portes de la Q3, à quelques trois dixièmes de son coéquipier Mark Webber. Le double champion du monde en titre a expliqué que la cause de son revers incombait aux nouveaux formats des échappements de la RB8, que l’Allemand étrennait ici à Shanghai.
De son côté, Felipe Massa termine la séance qualificative à une encore trop lointaine 12e place, mais a néanmoins réduit une partie de l’écart qui le sépare d’Alonso, faisant chuter celui-ci à trois dixièmes de seconde. Ensuite, les écuries du ventre mou du peloton et du bas de tableau ont chacune « louer » leur propre ligne de la grille : à Williams la 7e ligne, Force India la 8e, Toro Rosso la 9e (Jean-Éric Vergne ne parvenant pas pour la seconde fois consécutive à rejoindre la Q2). Caterham, Marussia et HRT suivent dans cette ordre jusqu’à la fin de la grille.

Ne pas courber l'é-Chine. Il faut remonter au GP du Brésil 2009 pour voir Vettel rester "scotché" en Q2.

L’écurie Mercedes a-t-elle résolu ses problèmes de pneus ?

Dès lors, une seule et unique question se pose : Mercedes et plus particulièrement Rosberg peuvent-il enfin concrétiser demain ? Tous les espoirs sont permis, car la trêve de trois semaines observée entre le GP de Malaisie et de Chine a permis à Mercedes de trouver les premières solutions à ses problèmes de pneus, qui ont ruiné ses deux premières courses. La situation pourrait même encore s’améliorer pour Mercedes si les prévisions météos venaient à être confirmées : un ciel nuageux pour la course, avec une température qui ne devrait que péniblement taper les 20°. Dans ces conditions, la W03 devrait être d’autant plus économe en gommes.
Par ailleurs, Rosberg n’a pas caché que la chute de température qui a eu lieu durant les qualifications (le mercure étant passé de 26 à 22°) avait grandement facilité les choses pour la W03 : ‘La température de la piste est descendue au fil de l’après-midi, ce qui a permis à nos pneus, arrières principalement, de fonctionner dans une fenêtre de tir optimale’, a déclaré un Rosberg impatient à l’idée de partir en tête dimanche. Ce dernier devra cependant se méfier de son équipier Schumacher, d’une part lors du début de la course, tant le septuple champion du monde s’est fait une spécialité des départs canons, et d’autre part sur l’ensemble de l’épreuve, en raison de la vitesse et de l’extrême régularité de Michael sur toute la longueur d’une course.
Pour rester sur le paramètre de l’économie des pneumatiques, une attention toute particulière devra être portée aux pilotes Sauber (très bien placés rappelons le), et dont la monoplace a pour grande qualité de n’être que peu gourmande vis-à-vis des Pirelli. De même, il faudra observer l’évolution de Romain Grosjean, certes 10e, mais dont le refus de boucler le moindre tour en Q3 lui a au moins permis de conserver un set de pneus tendres pour la course.








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