Mercedes résout le casse-tête chinois ! – Course – GP de Chine

15 04 2012

Enfin ! Après 111 courses d’attente, Nico Rosberg remporte sa première course en F1 après avoir mené pour ainsi dire de bout en bout le GP de Chine. Pour Mercedes, c’est une première victoire depuis 1955 et le soulagement de voir ses problèmes de pneus résolus. En effet, point d’interrogation hier à la suite des qualifications, la W03 a non seulement effectué un véritable bon en avant dans ce domaine, mais s’est en outre payée le luxe de réaliser un pit-stop de moins que ses adversaires directs, les McLaren de Jenson Button et Lewis Hamilton, qui complètent le podium.

Le début de course

On aurait pu craindre que le stress de partir pour la première fois depuis la première place de la grille allait compromettre le départ de Rosberg, mais c’est finalement Kamui Kobayashi, 3e sur la grille, qui éprouvait le plus de difficultés à s’arracher de sa stalle de départ. Le Japonais perdait de nombreuses places à la suite du premier enchainement, au contraire de Button qui surgissait de la 5e position pour s’emparer dans les premiers hectomètres de course de la 3e place, dans les échappements de Michael Schumacher. Sebastian Vettel de son côté, en dépit de pneus tendres et d’un départ sur la partie propre de la piste, dégringolait de la 11e à la 14e place.

Les voitures équipées de moteur Mercedes auront globalement survolé la course.

Le fils de Keke Rosberg imprimait d’emblée le même rythme des qualifications, reléguant à environ une demie-seconde par tour son multiple champion du monde d’équipier. La grande question était alors de savoir si les Mercedes allaient tenir ce tempo tout au long de la course. Il ne fallut pas attendre plus tard que les premiers arrêts aux stands pour avoir la réponse : les McLaren stoppaient aux alentours du 12e tour alors que Rosberg opérait son premier pit-stop trois passages plus tard, au 15e tour : la firme à l’étoile avait trouvé la clé à ses problèmes de pneumatiques !
Malheureusement pour Schumacher, ledit premier arrêt lui fut fatal, eu égard à un écrou de roue mal fixé sur la roue avant droite. L’Allemand regagnait les stands et s’enquérait le plus vite possible des performances de son coéquipier Nico.

Mercedes : le grand bon en avant

Dès lors, la plus grande menace pour Rosberg semblait être Jenson Button, à l’affut et réputé pour sa capacité à gérer ses pneus.

Mercedes a enfin réussi à maitriser l'usure des Pirelli, et de quelle manière !

Ayant à l’esprit le scénario du GP de Chine 2011, où la stratégie victorieuse s’était avérée être celle à 3 arrêts (Hamilton, munis de gommes neuves, avait pris ainsi le dessus sur Vettel, dont les pneus se désagrégeaient, à trois tours du but), Button, Hamilton et Webber appliquèrent une stratégie à trois pit-stops, pensant que Mercedes allait faire de même.
Mais c’était omettre que le climat cette année était bien plus frais, et que le tracé chinois n’allait pas être aussi exigeant que l’an passé. Le fait que Rosberg repartait dès son premier passage par les stands en pneus médiums aurait pourtant du mettre la puce à l’oreille des écuries McLaren et Red Bull, qui elles avaient rechaussé des pneus tendres pour un relai supplémentaire.

Les poursuivants de Rosberg s’engluèrent de facto dans le trafic, et plus particulièrement derrière Felipe Massa et Sergio Perez, un temps à la première place, perdant un terrain considérable. De son côté, le pilote Mercedes rescapé économisait ses pneus en n’ayant à se bagarrer avec personne, jouissant d’une fenêtre de température d’utilisation des pneumatiques optimale (23°, comme les qualifications de la veille). Pas même le fait d’avoir chaussé une gamme plus dure et donc moins abrasive ne l’affecta, le stratège de Mercedes Ross Brawn rappelant au bon souvenir de tous que Pirelli avait resserré les différentiels de performances entre les différentes gammes qu’elle proposait cette saison.
Tous ces facteurs rassemblés permettaient à Rosberg de se maintenir sur une stratégie à deux arrêts, qui devint évidente aux yeux de tous lorsque celui-ci entrepris son second pit-stop au 35e tour et remontait des pneus médiums, alors que Button devait patienter jusqu’au 40e tour pour réaliser son troisième et dernier arrêt.

Preuve que la stratégie payante était l’inverse de celle de l’année dernière : la très belle remontée de Vettel qui, un temps 14e, se fraya un chemin jusqu’à la deuxième place jusqu’à quelques encablures de l’arrivée. Las, le double champion du monde ne disposait au contraire de Rosberg d’aucune marge d’erreur, et lorsque ses pneus se dégradèrent, le pilote Red Bull ne put contenir la pression des deux McLaren et de son équipier Mark Webber, tous trois le passant à quelques tours de l’arrivée. Ce baroud d’honneur aura eu au moins le mérite de certifier que le rythme de course de la RB8 est bien meilleur que sa rapidité sur un seul tour lancé.
Car, outre la stratégie à deux arrêts, c’est bien le timing du second pit-stop qui importa durant cette épreuve : réaliser deux arrêts oui, mais réaliser le dernier arrêt suffisamment tard pour conserver un rythme de course décent jusqu’à la fin du GP.

Vettel, malgré une belle remontée, aura souffert sur la fin de course, chutant de 3 places lors des derniers tours.

En témoigne Kimi Raïkkönen, qui connut une fin de course pire encore que celle de Vettel. Le Finlandais, qui évolua aussi durant un moment à la deuxième place, avait axé sa stratégie sur deux arrêts mais avait effectué son dernier passage par les stands bien trop tôt pour préserver ses gommes jusqu’au drapeau à damier.
Iceman se vit alors rejeter au fil des tours hors des points, pour terminer sa course à une distante 14e place. Son coéquipier, Romain Grosjean, sur deux arrêts, faisait lui le chemin inverse pour finir en trombe la course à une probante 6e place, et pour marquer ses premiers points dans la discipline, près de trois ans après ses débuts.

Grosjean a inscrit les premiers points de sa carrière F1 en Chine.

Un peu plus loin dans le peloton, Williams confirme sa bonne forme du moment et affirme elle aussi sa rapidité sur toute une course en supplantant Ferrari, Sauber et Force India, et démontre aussi qu’elle peut compter sur un rythme de course meilleur que la moyenne. En effet, l’écurie de Grove, 7e force des qualifications (Pastor Maldonado et Bruno Senna ont trusté la 7e ligne), est devenu ni plus ni moins la 4e force du plateau en enlevant les 7e et 8e places lors de la course.
Plus bas dans le classement, Sauber ne peut rééditer le même exploit qu’en Malaisie, Kobayashi terminant 10e et Perez 11e. Massa résorbe une partie du retard qui le sépare d’Alonso (9e de la course), mais ce n’est toujours pas suffisant pour intégrer le top 10. Le Brésilien finit à la 13e place, à seulement cinq secondes de son coéquipier espagnol.
Les Force India et les Toro Rosso ont quant à elles complètement manqué leur weekend chinois, en terminant hors des points, alors que Caterham, Marussia et HRT ferment comme à leur habitude la marche. Chez Toro Rosso, les modifications apportées sur la voiture ont été contreproductives, à tel point que Jean-Éric Vergne a souhaité revenir à l’ancienne spécification de sa voiture. Bien lui en a pris : le Français a terminé devant son coéquipier Daniel Ricciardo en course !

Un championnat qui s’annonce très disputé

Cette victoire au GP de Chine représente la dixième en F1 du constructeur de Stuttgart, la première depuis 1955 ! Du point de vue du championnat, Hamilton se hisse en tête du classement, prouvant que la régularité sera à n’en pas douter la clé du succès cette saison, à plus forte raison quand on constate que trois pilotes et trois équipes différentes se sont partagés les trois premières courses de la saison.
Mercedes fait à présent figure de prétendante au titre, étant donné qu’elle a non seulement réussi à résoudre ses problèmes de pneumatiques, mais qu’elle a vu aussi son F-duct passif validé pour de bon par la FIA ce weekend.

Enfin, pour faire suite à notre article traitant du GP de Bahreïn, ce dernier a été officialisé ce weekend par la FIA, qui n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet. A l’annonce du maintien du GP, les violences ont repris de plus belle dans le petit îlot du golfe Persique. Il ne reste plus qu’à espérer que ce prochain GP ne fasse pas de victime, de quelque bord que ce soit…

Meilleur tour : Kamui Kobayashi, Sauber C31 : 1:39.960





Bilan des deux premiers GP de la saison – Débriefing – Grand Prix d’Australie et Grand Prix de Malaisie

9 04 2012

Soyons clair : le début de cette nouvelle saison tient toutes ses promesses et augure d’un championnat riche en rebondissements. En effet, si d’un point de vue hiérarchique McLaren semble avoir mis un terme à l’hégémonie de Red Bull, Lotus, Mercedes, Sauber et Williams ne sont pas en reste et promettent d’animer le peloton cette année. En outre, 2012 sera l’année des révélations : sportive avec un Sergio Perez tout feux tout flamme qui est en train « d’exploser » chez Sauber, mais aussi technique, avec la (ré-)introduction du F-duct (et W-duct) de Mercedes, tant controversés. Rapport des forces en présence suite aux deux premières courses du championnat.

McLaren : l’art n’est pas mort !

Difficile de tirer des conclusions précises à ce stade de la saison. Le constat le plus évident, et peut-être le plus rassurant, consiste dans la relative supériorité des McLaren-Mercedes. En effet, l’écurie de Woking, qui a choisi sciemment de naviguer à contre-courant en refusant la philosophie des « marches » sur le museau des voitures, a tout simplement réalisé un carton plein en qualifications sur les deux premières épreuves, en monopolisant à chaque fois la première ligne de la grille.
Jenson Button, après avoir décroché une très belle victoire en Australie, aurait tout aussi bien pu viser le même résultat à Sepang s’il n’avait pas croisé le chemin de Narain Karthikeyan. Le Britannique avait en effet, comme cela est en train de devenir une habitude désormais, réussi à dénicher la bonne stratégie dans des conditions météorologiques très changeantes. Malheureusement, son incartade avec le pilote indien l’a relégué en dehors des points, mais au vue de la bonne forme de la MP4-27 et des nouveaux pneus Pirelli à « haute dégradation », on peut estimer que ce n’est que partie remise.

Sans cet accrochage stupide avec Karthikeyan, Button aurait pu prétendre à la victoire à Sepang.

De l’autre côté du garage McLaren, Lewis Hamilton témoigne toujours d’une pointe de vitesse exceptionnelle et d’un sens de l’attaque particulièrement aiguisé en qualifications. Las, cet avantage sur un tour se métamorphose en inconvénient le dimanche avec les nouveaux Pirelli, souffrant du pilotage agressif de l’Anglais. Ce dernier doit encore progresser sur cet aspect capital des courses modernes et parvenir à remobiliser l’équipe autour de lui, comme ce fut le cas à ses débuts en 2007/08/09. S’il n’y parvenait pas, nul doute que la tentation d’aller voir si l’herbe est plus verte  ailleurs en 2013 se fera ressentir…

Red Bull : une première banderille pour le taureau rouge

Il s’agit là de la première zone d’incertitude de ce début de saison. Après la suprématie des taureaux de Milton Keynes en 2010 et 2011, on savait que cette nouvelle saison allait être le témoin d’une corrida acharnée. Et après les GP d’Australie et de Malaisie, il semble bien que les toréadors soient parvenus à faire mettre un genou à terre à l’écurie double championne du monde en titre. Mais attention : une bête blessée reste toujours dangereuse.

Le coup de chaud de Kuala Lampur a quelque peu refroidi les prétentions de Vettel en ce début de saison.

Red Bull semble souffrir en ce début de saison de l’interdiction du diffuseur soufflé, autrefois apanage et fierté d’Adrian Newey. Cependant, la belle remontée de Sebastian Vettel en Australie, où il se fit un chemin depuis la 6e place jusqu’à la deuxième marche du podium, ainsi que sa superbe qualification, en pneus durs en Malaisie, soulignent que l’Allemand est disposé à remettre l’ouvrage sur le métier et que sa voiture, si elle n’est peut-être pas la F1 ultra-dominatrice des deux dernières saisons, sera à n’en pas douter dans le coup cette année.
Il sera intéressant de voir la réaction de Vettel après ce début de championnat quelque peu laborieux, et d’observer plus particulièrement son comportement dans des conditions difficiles et dans un environnement très concurrentiel. On a souvent entendu dire que Vettel ne détenait aucun mérite à voguer vers la victoire en partant tranquillement depuis la pole position à chaque GP. Celui-ci se voit offrir une opportunité de tordre le cou à ces préjugés. Il doit pour cela continuer à souder l’équipe autour de lui et regagner son sang-froid, c’est à dire en n’adoptant pas de réactions disproportionnées lorsque un grain de sable vient troubler son plan de marche. En effet, l’Allemand ne doit pas réitérer ses agressions verbales observées envers Karthikeyan suite à l’accrochage qui a ruiné la course en Malaisie, et se reconcentrer pour remédier au plus vite aux petits problèmes que rencontre le châssis de la RB8.

Ferrari : l’arbre qui cache la forêt

On n’aimerait pas se retrouver dans la position actuelle des membres de l’équipe Ferrari : une disette de titre constructeurs depuis 2008, et de titre pilote depuis 2007 et le sacre de Kimi Raïkkönen ! Aberrant pour une marque aussi prestigieuse et jouissant de moyens financiers et techniques à nul autre pareil. La restructuration de l’équipe entamée avec le limogeage du directeur technique Aldo Costa au profit de Pat Fry, en provenance de McLaren, n’a pas encore porté ses fruits et le cheval cabré semble même s’être totalement fourvoyé en s’obstinant à adopter une philosophie radicale pour la conception de la F2012.
Cependant, les premiers résultats de la saison, quel qu’ils soient, doivent être pris avec des pincettes. En effet, la contre-performance enregistrée en Australie, sur un circuit pour le moins atypique et non représentatif de la plupart des tracés, et la victoire de Kuala Lampur, glanée dans des conditions météos versatiles, ne permettent pas de se faire une idée exacte de la véritable valeur du nouveau pur-sang de Maranello. Les saisons passées, les monoplaces rouges souffraient d’un sous-viragechronique qui déséquilibrait la voiture.

'La victoire ne change rien,' a déclaré un Fernando Alonso réaliste au soir du GP de Malaisie.

Or, avec les nouvelles réglementations 2012 conférant aux nouvelles voitures une propension au sur-virage, on pourrait penser que la nouvelle Ferrari ai trouvé un nouvel équilibre naturel, et que les déclarations du staff italien, estimant ne pouvoir viser le titre cette année, ne soit que de l’intox et une façon d’avancer masqué. A voir. Reste qu’entre le GP de Malaisie et le GP de Chine, la Scuderia dispose de trois bonnes semaines pour phosphorer et apporter des premières améliorations sur la voiture.
Après tout, pour une équipe supposée être « à la rue », Ferrari et surtout son pilote numéro 1 Fernando Alonso ont plus que sauvé les meubles : l’Espagnol trône en tête du classement pilotes et la Rossa occupe la 3e place du championnat constructeur, à 20 longueurs de McLaren et à 7 petits sésames de Red Bull.

Mercedes : le talon d’Achille : les pneus

En termes de vitesse pure, la firme à l’étoile a opéré un bond en avant indéniable cette année. En qualifications, les flèches d’argent représentent sans doute à l’heure actuelle la deuxième force du plateau, grâce à l’implémentation d’un nouvel F-duct « passif », qui permet, en actionnant le DRS (Drag Reduction System), de libérer deux petites canalisations situées à l’intérieur de l’aileron arrière afin de rediriger le flux d’air sur l’avant de la monoplace et de caler/stabiliser l’aileron avant et réduire par conséquent  les turbulences à la sortie de celui-ci.

Le F-duct "passif" est-il légal ? Réponse définitive au GP de Chine.

Cependant, en course la Mercedes W03 souffre d’un grave problème au niveau des pneus. En effet, la monoplace argentée est extrêmement gourmande et exigeante vis-à-vis des nouvelles gommes Pirelli. Par conséquent, les Mercedes connaissent une chute mirobolante de leur performance entre les qualifications et la course. Un seul point grappillé lors des deux premières manches et une 9e place au championnat constructeurs absolument pas représentative des capacités tacites de la W03
Au moins les axes d’amélioration sont clairs pour l’écurie de Brackley lors de cette trêve de trois semaines. Cependant, il ne faut pas occulter les remarquables performances de Michael Schumacher, qui a renvoyé à deux reprises en deux séances de qualif’ son équipier Nico Rosberg à ses chères études. Le septuple champion du monde semble avoir trouvé une seconde jeunesse, et il est vraiment dommage que sa course ait été écourtée à Melbourne en raison d’un problème de boite de vitesses, et que sa course malaisienne soit compromise suite à un accident avec Romain Grosjean.
En somme, si Mercedes parvient d’ici Shanghai à pallier à ses problèmes de pneus, ses problèmes mécaniques et ne soient pas l’objet d’accrochages stupides, alors tous les espoirs seront permis, y compris ceux de podiums et de victoires

Lotus : tout à gagner

Encore une zone d’ombre. Personne n’oserait dire que la nouvelle Lotus n’est pas dans le coup cette saison, mais comme c’est le cas pour d’autres écuries, l’équipe d’Enstone a peiné à concrétiser en résultats tangibles ses belles prestations en qualifications. Les 3e et 5e places de Grosjean lors des deux premières séances de qualif’ semblent démontrer que Lotus F1 Team se partage le titre honorifique de 3e force du plateau avec Mercedes. Mais là encore, nous ne parlons que de classement virtuel, car en course le pilote français n’a jamais pu couvrir plus de deux tours. Difficile donc de connaitre la véritable valeur de la voiture sur toute une course, même si Romain assure que des podiums réguliers représentent des objectifs réalistes.

A contresens. Grosjean a fait preuve d'une grande célérité pour son retour, mais a aussi souvent confondu vitesse et précipitation.

Dans le même ordre d’idée, Raïkkönen aurait-il pu se battre pour le podium en Australie et en Malaisie s’il n’avait pas été pénalisé lors de ses deux séances de qualifications ? Et s’il n’aurait pas fait l’objet d’un KERS défaillant en Malaisie et de problèmes de direction récurrents sur la Lotus ? Une perte de temps dans les stands en Australie l’a empêché de boucler un tour pour se hisser en Q2 et une pénalité de 5 places sur la grille en Malaisie, suite à un changement de boite de vitesses, ont compromis les courses d’Iceman, en dépit de belles remontées dans les deux cas. On a hâte de voir le résultat lorsque Grosjean ne commettra pas d’impairs et que Raïkkönen débutera un GP à une place réellement représentative de sa pointe de vitesse.
De nouveaux enseignements arriveront peut-être plus tôt que prévue, dès le GP de Chine par exemple…

Le retour de  la théorie du complot…

L’erreur de Sergio Perez alors que celui-ci talonnait Fernando Alonso à six tours du drapeau à damier du GP de Malaisie a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause : des suspicions sont d’emblée apparues quant à la véritable volonté de l’écurie helvétique d’aller chercher la première place au détriment de son fournisseur de moteurs… Ferrari, d’autant plus que le Mexicain venait de recevoir un message radio équivoque : Checo [surnom donné à Sergio Perez, NDLR], fais attention, nous avons besoin de ce résultat’. La lumière ne sera jamais faite sur cette affaire, mais ce scénario demeure peu probable à l’heure où le cheval cabré ne joue pas le titre. De plus, le fait que Perez et Sauber échouent à la deuxième place semble davantage le fait d’une succession de petites erreurs de « débutant ».

La course était déjà perdue pour Sauber avant l'erreur du Mexicain au 50e tour.

Rappelons-nous que le pilote mexicain n’en est qu’à sa seconde saison en F1 et que l’équipe suisse, en dépit d’une présence sur la grille proche de 20 ans, ne s’était jamais retrouvée en position de jouer la gagne. Face au double champion du monde Fernando Alonso et à l’équipe chevronnée du Cavallino Rampante, cela représentent des déficits d’expérience considérables.
Sergio Perez n’a en effet pas perdu le GP au moment de son écart de trajectoire : une première erreur a été produite lors de son changement de pneus au 41e tour. Le Mexicain avait alors le choix entre deux options gagnantes : soit rentrer plus tôt qu’Alonso pour chausser des slicks et claquer des tours ultra-rapides alors que l’Espagnol voyait ses intermédiaires partir en déconfiture sur une piste s’asséchant, soit à l’inverse retarder d’un tour supplémentaire son pit-stop afin de bénéficier de l’avantage de pneus à température alors qu’Alonso devait lui s’employer à chauffer ses slicksSauber a finalement opté pour une stratégie conservatrice qu’on ne pourra lui reprocher au regard de son manque d’expérience. L’écurie suisse a en effet choisi une 3e option, médiane mais surtout de « suiveuse », s’empressant de faire rentrer Perez un tour après Alonso, calquant sa stratégie, avec un temps de retard, sur la Scuderia.
Deux autres erreurs, toujours dans les stands : des problèmes d’embrayage lorsque la C31 a été relâchée de son emplacement, puis un premier virage mal négocié par le Mexicain, qui lui ont valu de précieuses secondes. Pour finir, pourquoi avoir envoyé un message codé à Perez alors que les consignes de course ont été  ré-autorisées récemment ? Ce message ne devait pas signifier une interdiction de dépasser la Ferrari, mais simplement de redoubler de vigilance sur une piste piégeuse alors que Sauber se dirigeait vers le meilleur résultat de son histoire.

Massa dans le rouge ?

Rien ne va plus pour le Brésilien : distancé en Australie en raison de problèmes de châssis, Massa n’a été que l’ombre de lui-même en Malaisie alors que son équipier Alonso triomphait des éléments pour conquérir une victoire inespérée au volant de la rétive F2012. Cette fois-ci, la faute incombait aux pneus Pirelli. Si la Scuderia fait front avec le natif de Sao Paulo devant les média, de nombreuses questions se font jour quant à la capacité du Brésilien à terminer sa saison chez Ferrari. Effectivement, alors que Felipe galérait en queue de peloton avec les Caterham, Perez, issu de la filière des jeunes pilotes Ferrari est-il nécessaire de le rappeler, menait la vie dure à Alonso. Comme un contraste… et tout cela sur une « modeste » Sauber.

Massa doit faire face à de nombreuses critiques en ce début de saison.

2012  pourrait donc donner lieu à un véritable shootout contre le pilote brésilien, qui officie au sein de la Rossa depuis 2006. La volonté de Ferrari de rafraichir son line-up, et l’opportunité de tester Jules Bianchi (bientôt un quatrième pilote français en F1 ?) en conditions de course chez Sauber, si Perez venait à être promu pilote Ferrari, constituent des arguments suffisant pour justifier le renvoi de Felipe Massa.
Néanmoins, il est probable que la Scuderia attende d’abord une réaction de son second pilote à la suite du break de trois semaines qui sépare le GP de Malaisie du GP de Chine. De même, le possible remerciement de Massa représenterait ni plus ni moins une rupture abusive de contrat, et nuirait à la stabilité de l’équipe, ce dont Ferrari se passerait bien à l’heure où ses performances implicites sont en berne. Il semble évident que Felipe n’effectuera pas une huitième saison en rouge, mais si le Brésilien parvient à redresser la barre durant les prochaines courses, il pourra alors envisager d’aller au bout de son engagement avec le Cavallino Rampante.

Ça bouge dans le peloton

Passées les têtes d’affiche, d’autres bonnes surprises sont à signaler en ce début de saison. Williams tout d’abord, qui a fait montre d’une bonne pointe de vitesse, par exemple lorsque Maldonado a suivi sans aucun mal la Ferrari d’Alonso durant de nombreux tours sur l’Albert Park, ou bien lorsque Bruno Senna est remonté des tréfonds de la grille jusqu’à une probante 6e place en Malaisie. Il est simplement dommage que Maldonado ai du abandonner à un tour du but lors des deux GP, en raison d’une erreur de pilotage en Australie, puis d’une casse moteur à Sepang. Les résultats de l’écurie de Grove laissent apparaitre en filigrane une dynamique positive, tout autre que celle observée en 2011, où Williams n’avait inscrit que 5 points au championnat constructeurs. Il n’aura fallu en effet que deux courses en 2012 pour que l’équipe anglaise dépasse son score de l’an passé…Tout est dit.

Caterham et Williams semblent avoir revu leurs objectifs respectifs à la hausse cette saison.

Plus bas dans la hiérarchie, Caterham commence à toucher les fruits de son travail en s’approchant très clairement du ventre mou du peloton. Ainsi, Heikki Kovalainen a réalisé en Malaisie un tour de qualification situé à seulement trois dixièmes de Jean-Éric Vergne… Et avec un package doté du moteur Renault, d’une boite de vitesses et d’un KERS (enfin !) estampillés Red Bull, tous les espoirs sont permis.
De bonne augure pour les premiers points de l’histoire de l’écurie en 2012, objectif avoué de Caterham cette saison.

La F1 est-elle capable d’apprendre de ses erreurs ?

La F1 a échappé au ridicule en Malaisie. Comme c’est le cas depuis 2001, le formula one circus se déplace à Sepang en pleine période de mousson. Comme c’est le cas depuis 2009, le départ est donné en fin d’après-midi, peu de temps avant le crépuscule. Comme ce fut le cas en 2009, la course a été arrêtée au drapeau rouge du fait des intempéries. Au contraire de 2009, la course a finalement pu reprendre son cours mais la supposée catégorie reine du sport auto a frôlé la fumisterie.
A l’heure où Bernie Ecclestone déclare que l’avenir de la F1 n’est plus en Europe, faute de spectateurs, il y a un fond d’ironie à observer que la la discipline se force à courir aux antipodes tout en retardant l’horaire des départs pour satisfaire le public…européen ! En témoignent l’Australie, Singapour, et consort… Et que, au passage, les tribunes ne sont sans doute pas aussi remplies en Malaisie qu’en Belgique (loin de là !). Les autorités sportives feront-elles preuve de sagesse en changeant la date du GP de Malaisiepour un créneau plus tardif dans le calendrier ? L’heure initiale du départ de la course sera t-elle rétablie à l’avenir ? Rien n’est moins sûr…

Risible. Vous avez oublié de passer à l'heure d'été ce weekend ? Pas grave, la F1 a retardé son départ de près d'une heure !








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