Interview Narain Karthikeyan

23 10 2012

A moins d’une semaine de la seconde édition du GP d’Inde, nous avons passé quelques instants avec le pilote HRT pour savoir où en était son écurie, et parler de l’effet que ça fait d’être le seul pilote indien en F1…

Comment se déroule votre saison avec HRT et vos relations avec Pedro de la Rosa ?

Pedro est très expérimenté, c’est un pilote rapide et un type adorable : on s’entend bien ensemble. Revenir en F1 l’année dernière après une si longue absence fut difficile, à plus forte raison que l’équipe était dans une situation financière délicate. Cette année, on est toujours nulle part, mais les choses vont dans le bon sens. La nouvelle direction a donné la priorité à la voiture, et la nouvelle usine n’a rien à envier à celle de Force India. Le but est d’attirer les meilleurs éléments et faire des progrès.

Avez-vous un contrat avec HRT pour l’an prochain ?

Pedro de la Rosa est un bon point de repère pour Karthy (1er plan).

Non. L’équipe a bien sûr une option sur moi et je souhaite rester, mais attendons de voir. Je me sens chez moi ici ; je connais bien les gens et si je continue d’assurer et que nous sommes toujours soutenus par l’Inde – pas seulement financièrement, mais aussi au niveau technique – nous essayerons de faire quelque chose ensemble et j’espère que je resterai.

Qu’entendez-vous par soutien technique ?

L’industrie du carbone est maintenant développée en Inde. Le coût du travail est plus élevé en Europe qu’en Inde, où cela revient moins cher de produire un aileron ou tout autre élément carbone. On est donc dans ce schéma et on essaie d’obtenir le support technique de Tata. Ils détiennent l’un des superordinateurs les plus puissants au monde, il est peut-être possible qu’on l’utilise pour la CFD ou ce genre de chose. L’Inde est un leader dans les TIC, il y a donc des possibilités à ce niveau. On fera en sorte de boucler tout ça, ce qui nous facilitera la tâche à l’avenir.

Vous avez grandi à Coimbatore,  qui est un peu la vallée de l’automobile en Inde, c’est exact ?

C’est exact, d’ailleurs une entreprise nommée Jayem Automotive vient de réaliser un joint-venture avec Dallara pour produire des F3 de 220cv ; les Etios Series seront aussi les plus rapides d’Asie, Japon compris. Celles-ci seront financées par MRF, le plus grand manufacturier de pneus en Inde, et elles faciliteront l’émergence de jeunes talents indiens. Entre l’époque où j’ai fait mes débuts en karting et aujourd’hui, c’est un peu le jour et la nuit.

La F1 a-t-elle donc un avenir en Inde après Narain Karthikeyan et Karun Chandhok ?

Ça prendra du temps, mais regardez le Mexique. Les frères Rodríguez étaient les derniers Mexicains à s’être imposés en F1, avant que Sergio Pérez ne fasse son trou 30 ans plus tard. Le Mexique a eu de bonnes infrastructures pendant longtemps ; de bons circuits, une bonne formule monoplace etc. Mais regardez le temps que ça a pris de ramener un Mexicain en F1.
L’Inde appréhende différemment la F1 depuis le GP de l’année dernière. La Chine n’a elle pas encore produit un pilote digne de ce nom, en dépit du fait qu’elle investisse énormément, et qu’elle détienne une meilleure visibilité que l’Inde. Je suis sûr que de notre côté une nouvelle génération de jeunes pétris de talents est sur les rangs.

Quelle est l’intérêt de développer le sport auto en Inde ?

La F1 est un sport très en vue et c’est une période très excitante pour les jeunes pilotes indiens. Mais au final, le pays est encore assez pauvre et nous avons besoin du soutien du public. Le cricket s’accapare la plupart du sponsoring, ça ne va donc pas être facile.

Karthy fut le seul indien à prendre part à la course l’an passé, damant le pion à Chandhok.

Ça vous a fait quoi de participer au premier GP d’Inde en 2011 ?

Pour une première, c’était fantastique. C’était à guichets fermés, donc bondé. Les spectateurs étaient enthousiastes et même si je n’ai fini qu’à la 17e place, j’étais devant mon coéquipier, Daniel Ricciardo, et on a tous les deux fini devant Jarno Trulli. On a apporté des améliorations sur l’auto à Singapour cette année, on espère donc être davantage compétitif en Inde que l’an passé.

Ça a du faire drôle quand même…

Même dans mes rêves je n’aurais osé imaginer qu’un jour dans ma vie soit organisé un GP en Inde. Mais Jaypee, un fond d’investissement privé, a fait du bon boulot et a injecté beaucoup d’argent dans ce projet. Ils ont créé un événement formidable pour nous.

Evaluer ses progrès est-il plus difficile quand on fait partie d’une des plus petites équipes du plateau ?

C’est vraiment dur. J’ai fait une belle course à Monaco cette année – mais je n’ai fini que 15e, notre meilleur résultat jusqu’ici. Pedro est un bon point de repère, et le fait de le battre en qualif’ ou en course signifie généralement que j’ai fait du bon travail. Les Marussia sont un peu devant, mais notre rythme de course nous permet de rivaliser et on essaie de les battre : c’est une source de motivation. Je suis heureux d’être en F1, et je pense que c’est important que d’autres jeunes pilotes indiens aspirent à la F1. Ils ont besoin de référence, mais c’est très compliqué et il faut tout donner. Je suis ravi d’être ici, et même si je sais que nous ne disposons pas de la meilleure voiture, ça reste une F1 après tout. C’est mieux que d’être en Nascar Trucks…

Les Marussia constituent les adversaires directs des HRT cette saison. Avec encore un léger avantage pour l’équipe russe.

F1 Racing n°165, Novembre 2012





Hamilton et McLaren supersoniques à Monza ! – Qualifications – GP d’Italie

8 09 2012

Lewis Hamilton a décroché ce samedi la 23e pole position de sa carrière, sa 4e de l’année, sur l’autodrome de Monza. Il sera accompagné sur la première ligne par son coéquipier Jenson Button. Il s’agit là de la 63e première ligne 100% McLaren de l’histoire, un nouveau record pour l’écurie de Woking. Felipe Massa surclasse lui pour la première fois de la saison Fernando Alonso et vient compléter le podium des qualifications.

Q1

Comme à l’accoutumée, nous retrouvons ici les trois équipes abonnées du fond de grille, à savoir Caterham, Marussia et HRT. Il est cependant intéressant de noter que Narain Karthikeyan fait mieux que son très expérimenté équipier Pedro de la Rosa, alors que chez Marussia la lutte continue à faire rage entre Charles Pic et Timo Glock, et où c’est l’Allemand qui s’impose pour la seconde fois d’affilée dans l’exercice des qualifications.
Du côté de Caterham, c’est Heikki Kovalainen qui prend une nouvelle fois l’ascendant sur Vitaly Petrov, alors que les écarts entre les trois écuries de bas de classement ne cessent de se réduire : en effet, à peine plus d’une demi-seconde sépare le temps de Petrov (1:26.887), de celui de Karthikeyan (1:27.441).
Quant au dernier pilote bloqué en Q1, il s’agit de Nico Hulkenberg, qui a vu l’ensemble de son sélecteur de vitesses rendre l’âme dès son premier tour lancé et n’a donc par conséquent pu boucler le moindre tour.

Q2

Tous les regards étaient dès lors tournés vers Jérôme d’Ambrosio lors de cette deuxième partie des qualifications. Le Belge, remplaçant au pied levé Romain Grosjean, avait senti le souffle du boulet dès la Q1 où il n’avait devancé Kovalainen que de cinq petits dixièmes pour composter finalement son ticket pour la Q2. Celui-ci s’intercale finalement entre les Toro Rosso en 15e position, qui ont une nouvelle fois souffert d’un manque de vélocité dans le temple de la vitesse de Monza.

Maldonado paye très cher son comportement en Belgique en reculant de 10 places sur la grille.

Le Belge a ainsi bouclé un tour de sept dixièmes de seconde plus lent que celui de son équipier Kimi Räikkönen, ce qui n’est pas spécialement énorme au vue du déficit de roulage que celui-ci accuse (le pilote essayeur Lotus n’a pris part à aucun des séances d’essais du vendredi matin, et n’a réellement roulé que lors des tests organisés au Mugello début Mai).
Les Williams de Pastor Maldonado et Bruno Senna se positionnent quant à elles respectivement en 12e et 14e place, mais le Vénézuélien devra s’acquitter de sa pénalité de 10 places sur la grille (pour départ anticipé suivi d’un accident provoqué avec Glock à Spa), le rétrogradant de fait en 22e position pour la course.
Enfin, Sergio Pérez signe le 12e temps alors que Mark Webber se retrouve scotché en Q2 pour la seconde fois en trois weekends.

Q3

McLaren confirme ici sa bonne forme du moment en engrangeant une troisième pole position de rang et en monopolisant la première ligne. L’écurie anglaise a survolé la Q3 et n’a pas eu à souffrir de la concurrence d’Alonso qui termine bon dernier de la séance après n’avoir pu tiré la quintessence de son bolide en raison d’une barre anti-roulis défaillante. Plus surprenant, Massa signe le 3e temps et sera le porte-étendard de la Scuderia sur ses terres pour le GP. Derrière lui, Paul di Resta a réalisé une qualif’ de toute beauté qui lui a valu une très belle 4e place, mais qui se transformera en 9e demain suite à une pénalité pour changement de boite de vitesses. C’est la deuxième fois ce weekend que Force India rencontre des problèmes à ce niveau suite aux soucis d’Hulkenberg en Q1.
Les Mercedes de leur côté finissent 4et 6e, encerclant le poleman 2011 de l’épreuve italienne Sebastian Vettel, qui n’a pu faire preuve de la même ingéniosité que l’année dernière en étalonnant sa boite de vitesses sur des rapports courts pour compenser le manque de puissance du V8 Renault.
Ledit manque de puissance constitue sans doute aussi la raison principale de la contre-performance de Räikkönen, 7e, qui pourra toujours se consoler en se disant qu’il devance le leader  du championnat Fernando Alonso. Kamui Kobayashi ramène quant à lui la 8e place pour Sauber.





La chevauchée de Valtteri

15 08 2012

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Valtteri Bottas est pressenti pour être le successeur de Bruno Senna dans le second baquet Williams en 2013. Et à observer les tous derniers résultats du nouveau Finlandais volant, le vendredi 27 Juillet sur le Hungaroring à l’occasion du GP de Hongrie, où celui-ci a terminé 9e devant Pastor Maldonado, 11e, nul doute que le neveu d’Ayrton va avoir du souci à se faire durant la trêve estivale…

Des présentations s’imposent

Valtteri Bottas connait bien la maison de Grove pour y être pilote essayeur depuis 2010, mais cette année a vu le natif de Villähde prendre plus souvent qu’au tour de Senna le volant de la FW34 le vendredi matin. Au total, le Finlandais a privé de séance matinale le Brésilien à huit reprises lors de onze weekends, et le jeune pilote fait sensation ! Jugez plutôt : Pastor Maldonado, pourtant vainqueur du GP d’Espagne, a du subir la loi de Bottas en cinq occasions. Mark Gillan, ingénieur en chef des opérations chez Williams, ne s’y trompe pas : ‘C’est l’un des pilotes les plus naturellement doués que j’ai vus’. De quoi faire réfléchir…
Le Finlandais, qui a tiré un trait cette saison sur toute compétition, préférant se focaliser sur son travail de pilote essayeur, avait déjà fait des étincelles lors des rookies tests organisés à Silverstone, peu après la manche britannique du championnat, décrochant le meilleur temps.
Le palmarès du Finlandais est quant à lui déjà bien fourni : il s’est illustré en Formule Renault 2.0 NEC (Northern Europe Cup), avant de faire ses gammes en F3 Euroseries avec ART. Passé en GP3 en 2011, Bottas y a remporté brillamment son premier titre dès sa première tentative. Des résultats qui garantissent une belle pointe de vitesse.
Un autre atout, plus politique celui-ci, réside dans le fait que son manager n’est autre que Christian « Toto » Wolff, pilote mais surtout investisseur autrichien, qui vient d’être nommé au poste de directeur exécutif de l’équipe anglaise, en vue d’assister Frank Williams et de remplacer Adam Parr, démissionnaire le 30 mars dernier. De fait, même si Wolff reste un actionnaire minoritaire de l’équipe (il détient 16% de Williams Grand Prix Holding, Frank Williams : 50,3%), celui-ci aura sans doute son mot à dire et une voix plus portante lors des futures décisions prises par l’écurie.

Bottas a remporté le titre GP3 en 2011 avec ART.

Un loup ?

Toto Wolff a-t-il eu peur d’être accusé de trafic d’influence ? Toujours est-il que celui-ci s’est empressé de déclarer qu’il ne mélangerait pas son rôle de manager avec ses nouvelles prérogatives de patron, et n’accorderait ainsi aucune faveur particulière à son poulain. On peut aussi penser que, sitôt bombardé, l’Autrichien n’a pas voulu rendre officiel un éventuel contrat avec Bottas. Le lien de cause à effet aurait été évident et aurait fait mauvais genre.

Bottas auprès de son ingénieur de course, Tom McCullough (gauche), et de son manager, Toto Wolff.

Reste que Bruno Senna s’est donc vu accordé un sursis, et a d’ailleurs bien compris qu’il devait au plus vite améliorer son niveau de performance avant la pause qu’observe le Formula One Circus au mois d’aout. Le Brésilien ne s’est pas fait prier : une 9e place en Angleterre, doublée d’une 7e en Hongrie lui ont permis de démontrer qu’il fallait toujours compter avec lui. A ce propos, force est de constater que Bruno Senna, s’il rencontre des difficultés face à Maldonado en qualifications, n’a cependant rien à envier à ce dernier en termes de régularité. En effet, alors que le Vénézuélien jouait des coudes avec Hamilton (à Valence), PérezMonaco et Silverstone), et plus récemment di Resta (en Hongrie), le Pauliste engrangeait les points et soignait son capital au championnat. En conséquence, Bruno n’est actuellement qu’à cinq petites longueurs de Pastor dans le classement (24 points contre 29), et il est intéressant d’analyser qu’en dehors de sa victoire ibérique, Maldonado n’a scoré qu’une seule et unique fois, en Chine avec une 8e place. Pas de quoi pavoiser. A côté de ça, Senna s’est montré beaucoup plus constant en terminant six fois dans les points.
Les qualifications demeurent le principal talon d’Achille du Brésilien, mais celui-ci peut compter sur la manne financière qu’apportent ses sponsors au profit de Williams, au travers d’Embratel, une compagnie de télécommunications brésilienne, d’OGX, un pétrolier, mais aussi par le biais de la branche auriverde de Santander. Valtteri Bottas n’a lui que peu de soutiens budgétaires à opposer face à cette armada.
On pourrait aussi comprendre que Williams, qui vise avant tout à assurer sa survie à court et moyen termes, soit non seulement plus intéressée par les apports de Bruno Senna, mais qu’elle soit aussi échaudée par le sort de Toro Rosso cette saison, qui éprouve des difficultés à développer sa voiture du fait entre autres du manque relatif d’expérience de ses jeunes pilotes. Dans ce contexte, un pilote « payant » qui a déjà quelques courses derrière lui est un plus indéniable.
Enfin, il ne faut pas oublier de prendre avec des pincettes les résultats du Finlandais, que ce soit lors des rookies tests que lors des FP1. A Silverstone, Bottas était aligné face à des Marussia et une HRT. On a vu mieux comme concurrence. Et s’il a réalisé un temps de 1:31.436, battant le meilleur temps de l’ensemble du weekend du GP d’AngleterreAlonso en 1:32.167, lors des FP3 – c’est oublier les conditions extrêmes dans lesquelles s’était déroulée l’épreuve (l’auteur de ces lignes peut en témoigner !). De même ses résultats, comparés à ceux de Maldonado lors des FP1 des vendredi de courses, sont à relativiser, quand on sait qu’il s’agit d’une session où le Finlandais doit faire ses preuves et chercher la performance alors que son comparse sud-américain doit lui se concentrer sur des développements cruciaux pour la voiture et valider ces derniers.

Valtteri Bottas a dominé les rookies tests à Silverstone.

Les World Series by Renault 3.5 comme solution temporaire ?

L’avenir, Bottas ne l’envisage pour l’instant que chez Williams. Mais s’il advenait que l’écurie anglaise conserve son line-up intact pour 2013, une nouvelle saison sans compétition pourrait porter préjudice à l’image du jeune finlandais. Dès lors deux options s’offriraient à lui : le GP2 ou les WSR 3.5. Mais étant donné que le règlement interdit à tout pilote de GP2 de prendre le volant d’une F1 le vendredi matin, cette première alternative pourrait être assimilée à une régression.
Les World Series représenteraient alors le meilleur compromis pour ce jeune talent, en attendant mieux en 2014.





1ère pole position d’une Mercedes depuis le GP d’Italie 1955 ! – Qualifications – Grand Prix de Chine

14 04 2012

Nico Rosberg a décroché ce samedi la première pole position de sa carrière, et a ainsi comblé ce qui semblait de plus en plus être une lacune de palmarès au regard de sa très bonne réputation. L’Allemand aura en effet du attendre pas moins de six années pour voir ses efforts récompensés. Mais cette attente n’est rien en comparaison du laps de temps qui a séparé les deux dernières poles de Mercedes en F1 : la firme à l’étoile a ainsi mis fin à une disette de 57 ans, la dernière pole position arrachée par l’écurie de Stuttgart remontant au GP d’Italie 1955, signée par Juan-Manuel Fangio !

Les résultats

Mais Mercedes ne s’est pas contentée de placer l’un de ses pilotes en pole aujourd’hui, elle profite aussi de la pénalité de 5 places de retrait sur la grille infligée à Lewis Hamilton, en raison du changement de sa boite de vitesses, pour monopoliser la première ligne avec Michael Schumacher en deuxième position !
Kamui Kobayashi confirme quant à lui la bonne passe de l’équipe Sauber en signant le 4e chrono, qui se mouvera en 3e place demain sur la grille. Kimi Raïkkönen est un très prometteur 4e, alors que Mark Webber se retrouvera intercalé entre les deux McLaren demain sur la grille. Dans la droite lignée du GP de Malaisie, Fernando Alonso et Sergio Perez ne se lâche pas d’une semelle, mais le Mexicain a cette fois-ci pris le dessus sur son adversaire ibérique.
Plus bas dans la hiérarchie, on peut constater la contreperformance de Sebastian Vettel, qui échoue aux portes de la Q3, à quelques trois dixièmes de son coéquipier Mark Webber. Le double champion du monde en titre a expliqué que la cause de son revers incombait aux nouveaux formats des échappements de la RB8, que l’Allemand étrennait ici à Shanghai.
De son côté, Felipe Massa termine la séance qualificative à une encore trop lointaine 12e place, mais a néanmoins réduit une partie de l’écart qui le sépare d’Alonso, faisant chuter celui-ci à trois dixièmes de seconde. Ensuite, les écuries du ventre mou du peloton et du bas de tableau ont chacune « louer » leur propre ligne de la grille : à Williams la 7e ligne, Force India la 8e, Toro Rosso la 9e (Jean-Éric Vergne ne parvenant pas pour la seconde fois consécutive à rejoindre la Q2). Caterham, Marussia et HRT suivent dans cette ordre jusqu’à la fin de la grille.

Ne pas courber l'é-Chine. Il faut remonter au GP du Brésil 2009 pour voir Vettel rester "scotché" en Q2.

L’écurie Mercedes a-t-elle résolu ses problèmes de pneus ?

Dès lors, une seule et unique question se pose : Mercedes et plus particulièrement Rosberg peuvent-il enfin concrétiser demain ? Tous les espoirs sont permis, car la trêve de trois semaines observée entre le GP de Malaisie et de Chine a permis à Mercedes de trouver les premières solutions à ses problèmes de pneus, qui ont ruiné ses deux premières courses. La situation pourrait même encore s’améliorer pour Mercedes si les prévisions météos venaient à être confirmées : un ciel nuageux pour la course, avec une température qui ne devrait que péniblement taper les 20°. Dans ces conditions, la W03 devrait être d’autant plus économe en gommes.
Par ailleurs, Rosberg n’a pas caché que la chute de température qui a eu lieu durant les qualifications (le mercure étant passé de 26 à 22°) avait grandement facilité les choses pour la W03 : ‘La température de la piste est descendue au fil de l’après-midi, ce qui a permis à nos pneus, arrières principalement, de fonctionner dans une fenêtre de tir optimale’, a déclaré un Rosberg impatient à l’idée de partir en tête dimanche. Ce dernier devra cependant se méfier de son équipier Schumacher, d’une part lors du début de la course, tant le septuple champion du monde s’est fait une spécialité des départs canons, et d’autre part sur l’ensemble de l’épreuve, en raison de la vitesse et de l’extrême régularité de Michael sur toute la longueur d’une course.
Pour rester sur le paramètre de l’économie des pneumatiques, une attention toute particulière devra être portée aux pilotes Sauber (très bien placés rappelons le), et dont la monoplace a pour grande qualité de n’être que peu gourmande vis-à-vis des Pirelli. De même, il faudra observer l’évolution de Romain Grosjean, certes 10e, mais dont le refus de boucler le moindre tour en Q3 lui a au moins permis de conserver un set de pneus tendres pour la course.








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